Hêtre à grandes feuilles

Cet hiver, matin et soir, j’ai promené nos chiens dans le bois en raquettes. Et je suis devenue pas si mauvaise à me trouver des repères. Oui bon évidemment quand on passe en raquettes, c’est difficile de se perdre: on crée nos propres traces qu’on peut… retracer. Mais ce que je veux dire c’est que même avec 30 centimètres de nouvelle neige et beaucoup de vent, avec un sentier disparu, j’ai pu le recréer assez facilement. Ma fille aussi, d’ailleurs, et j’en suis fière: par là, maman! Regarde, le nid! Je vois la grosse pierre!, qu’elle me disait avec raison. Certaines souches, certains champignons sur les troncs, un arbre penché, un arbre mort appuyé sur un autre: j’ai pu suivre le sentier comme s’il était encore visible, dans une forêt sans autre balise, et je vois là un bon progrès pour une fille qui ne se perd jamais loin dans une ville, mais qui aurait pu errer à jamais à Anticosti si son Homme n’avait pas eu, lui, le sens de l’orientation en nature. (Vraiment, systématiquement je croyais que retourner sur nos pas, c’était aller dans la direction opposée à la bonne!) Et si côté plantes et fleurs je commence à un connaître un bout, côté arbres, c’est moins reluisant. Ah, mais c’est le domaine de l’Homme, justement! C’est lui qui gère ces choses-là, lui qui va bûcher parfois, lui qui fend et qui rentre le bois. Moi, oui bon, je sais distinguer un sapin d’une épinette, et un mélèze ou un thuya de n’importe quoi, un chêne, un bouleau, ça va. Mais j’aimerais bien améliorer mes connaissances, alors je viens de commencer… par le plus facile! Oui, facile, parce qu’il n’y a pas deux types d’arbres (chez nous, du moins!) qui gardent, quand ils sont jeunes, autant de feuilles d’automne tout l’hiver. Il n’y a que le hêtre à grandes feuilles (ou hêtre américain ou hêtre d’Amérique ou hêtre rouge, Fagus grandifolia, North American Beech)!

Mon Homme a pu m’éclairer sans hésitation, et il a ajouté que les plus vieux lui font penser à des pattes d’éléphants, car ils sont gris et ont l’écorce lisse. Génial: avec mes promenades les yeux bien ouverts, j’en avais déjà remarqué plusieurs!
Cet arbre  aime bien l’ombre, et on le trouve sur de belles pentes au sol riche et humide, bien drainé. C’est ce que je lis en ligne et c’est exactement ce quue je constate ici! Sa croissance est très lente (13 pieds en 20 ans, c’est quand même mieux qu’un ado!) et il peut mettre 40 ans à produire des semences. Je regarderai cet été: j’apprends que ses noix sont comestibles, mais trop petites pour avoir un intérêt commercial (m’en fous, je ne suis pas commerçante!). Les ours en raffolent, me dit-on.
Son bois est dur, et avant que les humains inventent des outils mécaniques, ils laissaient tranquilles les hêtres, faute de pouvoir bien les couper.
J’ai aussi lu que trouver des hêtres signifie que le sol dessous est si riche qu’il sera parfait pour l’agriculture. Fascinant!



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