Réflexion

Bon. Dans la vingtaine, on a tout plein d’amis autour de soi. Dans la trentaine, ces amis, on les perd souvent de vue. Ils se marient, ou enfin tout comme, ont des enfants, achètent une maison (oui je généralise, et vous devriez m’en remercier, parce que je sais manier les parenthèses avec une ardeur sans égale, et je pourrais décider de ne pas vous épargner!). On m’a déjà dit qu’ensuite viendront les séparations et les retours de certains amis, et j’imagine bien qu’un jour les gens de mon groupe d’âge avec moi vivront le départ des enfants, la retraite, alouette. Mais revenons à mon passé rapproché, celui durant lequel je ne sais combien de gens m’ont diton a acheté une maison (en ajoutant souvent: tu devrais toi aussi, mais sans offrir les sous requis, je l’ai bien noté!). Ils poursuivaient sur leur lancée, les travaux, l’entretien… Ça semblait aller de soi.

Moi? Plus de trois mois après le déménagement, je n’y crois pas encore. Je m’arrête un peu parfois pour regarder tout autour et j’en reviens juste pas. À nous, tout cela? Ces fleurs, ces arbres, ce hâvre, ce potager, ces murs, ce toît? Allons donc, c’est impossible, c’est trop beau, trop parfait. Je n’ai même pas encore perdu l’habitude d’étirer le cou pour regarder quand je vois une pancarte à vendre, habituée que je suis de rêver et de fabuler (et pourtant dans mon coin, on dirait qu’elles poussent comme des mauvaises herbes, ces pancartes! Tout le coin est à vendre!). J’ai beau me pincer, rien n’y fait, il me faudra des années pour accepter les faits.

Or, je me pose une question… Montréal (la ville en général, mais dans mon cas celle-ci en particulier) m’a-t-elle causé un syndrome de stress post-traumatique? Regardons ça de plus près.

L’ESPT est un trouble diagnostiqué lorsqu’une personne vit un événement traumatique qui comporte des pertes de vie ou des risques de décès ou des blessures physiques graves pour elle ou pour d’autres, et qu’elle y réagit avec une peur intense, un sentiment de désespoir ou d’horreur. La peur est associée à des symptômes de trois types: (1) reviviscence de l’événement (cauchemars, «flashbacks» et souvenirs envahissants); (2) conduite d’évitement et émoussement des émotions (par exemple, tendance à éviter de parler du traumatisme ou d’y penser); (3) symptômes de vigilance accrue (notamment insomnie et hypervigilance). On ne diagnostiquera un ESPT que si les symptômes persistent pendant au moins un mois et provoquent une profonde détresse ou nuit au fonctionnement du sujet. (Source)

L’événement traumatique? Prendre une petite campagnarde et la transplanter, sans racines, en pleine ville. Les risques de décès? Sont arrivés peu après, sous la forme d’un père alcoolique (qui l’était déjà mais je ne le savais pas), et ont été peu nombreux mais forts réels. La réaction de désespoir et d’horreur? Vient de m’être longtemps crue emprisonnée en ville, dans un environnement qui ne m’a jamais convenu. Évitement, vous dites? Je ne veux pas retourner en ville, ni pour vivre ni pour visiter (mais je le ferai, maman, promis juré!). Dès le lendemain du déménagement d’ailleurs, j’ai arrêter de penser à la ville. Vigilance accrue? Ouais, non. Pronfonde détresse? Plus maintenant, merci!

Je blague un peu (et ne me moque pas de ceux qui souffrent vraiment de ce syndrome!), mais il y a des ressemblances. Appelons ça un syndrome dilué de stress post-traumatique, et je me réjouis de m’en être sortie (quoique les séquelles demeurent, mais ainsi me donnent plus de temps pour me délecter d eleur départ en douceur)!

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