Gin tonic et concombre, boisson et roman

Le genre chick lit, d’habitude, très peu pour moi. Vous me pardonnerez l’anglicisme quand je vous dirais que l’OQLF propose littérature aigre-douce. Ah je ne me moque pas, je ne saurai que proposer de mieux et et on verra bien ce que l’usage en fera, mais ça sonne un peu trop sauce à croquettes de poulet pour moi. Par contre, quand le GDT ajoute la description qui suit, on se dit qu’ils ont lu ce bouquin-là:

Le plus souvent, l’histoire met en scène une jeune femme citadine, travaillant dans les milieux branchés, à la recherche de l’homme de sa vie, et fait état des relations de celle-ci avec sa famille et ses amis, de ses espoirs et de ses peurs.

Alors voilà, jamais je n’aurais choisi un livre de Rafaële Germain. Rien contre elle, rien contre la chick lit (pour moi, tant que quelqu’un lit…!), juste pas une de mes nombreuses passions littéraires (ou cinématographiques, ou… enfin, voilà, moi les trucs dits pour filles, ça ne m’attire pas, que ce soit les soirées de filles, les sorties de filles, les journées au spa, les virées de magasinage, les pages mode ou beauté des magazines… ouache! Vivement une soirée bière, pizza et science fiction avec 12 gars!). Mais ma mère m’a donné le bouquin. Et moi quand on me donne, je sens une responsabilité (ici celle de lire, mais ça fonctionne encore mieux pour les spectacles: si vous me payez le billet, j’y vais!). J’ai donc lu. Et j’ai pas trop aimé. Mais il y a un bémol, et c’est que même si je pestais (je regrette, mais les personnages sont supposément dans la trentaine et  ils agissent comme s’ils étaient dans la très jeune vingtaine, au point qu’on peut leur supposer un coma profond d’un décennie chacun; téteux de même, t’es mieux d’être jeune pour qu’on t’excuse! [vous en faites pas, les jeunes, on a été plus téteux que vous, on passe tous par là à chaque étape, et on a chaque fois plus de sympathie pour ceux qui suivent]) sans arrêt contre chaque geste et chaque pensée de la narratrice, je n’ai pas songé à ne pas terminer ma lecture. Accrocheur malgré tout, donc (c’est vrai qu’il est extrêmement rare que je ne termine pas une lecture, mais celui-là faisait plus, il m’appelait et l’histoire me restait en tête entre les séances dans le fauteuil). Un peu comme un téléroman qui aurait ses qualités et dont on resterait entiché… même si, finalement, on se dit qu’on a mieux à faire. Y a quelque chose là (que ça ne soit pas pour moi ne m’empêche pas de le voir).

La boisson maintenant? Meilleure que le roman! (Selon mes goûts, hein!) Ah mais c’est que j’aime déjà le gin tonic, le drink des grand-pères et des mononcles redevenu branché y a déjà si longtemps que ça doit être redevenu quétaine et donc par ironie encore plus cool, ou quelque chose comme ça, pardonnez mon ignorance de tout ce qui est chébran/hipster. L’ajout du concombre n’est pas mauvais du tout, et qu’est-ce que ça fait estival! Quand je récolterai des concombres dans mon potager 3.0, quelques tranches finiront au fond d’un verre plein de bubulles, c’est certain.

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6 réponses à Gin tonic et concombre, boisson et roman

  1. Heureux de te relire chère Campagnarde! 🙂

  2. Catherine dit :

    Hey, mais moi-même dans la très (20) jeune vingtaine, je me considère pas si pire que ça 😉 Mais bon, je dois avoir des réflexions de mon âge également… Ah, la chick lit, pas pour moi non plus! Par contre le gin tonic, je vais essayer ça 🙂

    • vieux bandit dit :

      Ah mais même à 20 ans on est pas tous idiots (moi je l’étais de bien des côtés, et pas pour certains autres, probablement comme un peu tout le monde). C’est juste l’espèce de manque de recul des personnages, le je-capote-sans-mesure, oh-mon-doux-est-ce-l’homme-de-ma-vie… mettons qu’après quelques déceptions derrière la cravate (lire: de l’expérience, et y a pas 36 manières, faut bien vieillir!), je trouve ça peu crédible.

      • Catherine dit :

        C’est peut-être parce que c’est de la chick lit québécoise que c’est de qualité moindre? Je défends pas la chick lit ni dénigre la littérature québécoise, mais le seul semblant de chick lit français que j’ai lu était pas si mal… Tsé, pas questionnement insipide sur « est-ce l’homme de ma vie » mais de « vrais » personnages plus crédible. Oui c’est léger pis ça finit que tout le monde est heureux, mais c’était pas insipide.

        (ensemble c’est tout d’Anna Gavalda, ça compte comme de la chick lit?)

        (question 2: Y’a vraiment du monde qui se demande ça dans la vie, est-ce l’homme de ma vie? Who cares que ce soit l’homme de ta vie ou pas… La vie, c’est long et tu ne sais jamais ce qui va arriver 😉 )

        • vieux bandit dit :

          Bah je parodifie, hein 😉
          Et c’est pas mal écrit du tout. C’est juste que j’aurais mieux aimé si j’avais eu 13 ou 15 ans (tout comme les magazines soi-disant pour femmes dans la vingtaine m’intéressaient ado et pas à 20 ans, par exemple) et pas mal plus de naïveté. C’est ça: ça m’a semblé naïf. Et naïf, à 20 ans, c’est normal. À 35, je n’y crois plus (hé, ça doit bien exister, y a pas de mal, c’est JUSTE que moi j’y crois pas et que ça me tape un peu sur les nerfs, comme disons une amie qui arriverait avec les mêmes mélodrames… pendant 20 ans! Passe à autre chose!).

          (Aucune idée pour Anna Gavalda, mais si tu aimes ça, on s’en fiche de l’étiquette!)

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