C’était une fois une humaine

Les Campagnonades vont changer, je crois. Parce que là (si vous n’êtes pas un des rares abonnés de la Foliole, ma petite infolettre rigolote, vous ne le savez pas… remédiez à ça en vous abonnant) les choses ont changé. Je ne parle même pas de la pandémie qui complique (etc.) nos vies à tous. Pour le moment présent, ce blogue redevient mon espace en ligne, mon coin virtuel où être ce que j’étais jadis, avant que les blogues ne soient récupérés: une blogueuse… qui parle de sa réalité. Ou fait de ce coin ce qu’elle veut, au fond.

C’était une fois une humaine…

L’homme que je croyais à mes côtés pour la vie (mains qui n’avait rien promis, je le remarque amèrement maintenant) ne ressent plus d’amour pour moi. À dix-neuf années en couple nous ne nous sommes pas rendus. Je ne comprends rien, parce qu’on ne me dit rien. Je suis dans un vide inouï, avec sa présence comme torture constante. Je m’en remettrai (ça dépendra du paragraphe suivant), comme bien d’autres avant moi, mais ça change… tout. L’idée de l’équipe, du partenariat, de la famille nucléaire (et reconstituée aussi), on oublie (elle change, du moins: ma famille dorénavant sera toute d’enfants, même si l’un est déjà grand). Le projet de vie campagnard change. L’humaine est seule à vivre cela, l’humaine est seule à mener sa barque (mais l’humaine comprend maintenant qu’elle rame pour deux depuis longtemps, et juste le comprendre est déjà assez épuisant).

L’humaine en question a aussi appris récemment que sa vie est en danger constant. Oui, bon, c’est vrai pour tout le monde, vous me direz, mais là, c’est que mon médecin croit bien que j’ai un anévrisme aortique abdominal (j’attends qu’on m’appelle pour une échographie, qui me mènera sûrement sur une liste d’attente en chirurgie, alors si vous voulez bien respecter les instructions de la Santé publique, ça pourrait me permettre de passer 45 ans, si c’est pas trop vous en demander…). C’est pas trop mon trip d’étaler ma santé en ligne, sauf que vous savez quoi? Je n’ai plus de conjoint (y a un homme ici, mais c’est un inconnu, j’en suis la première étonnée, et j’ai reçu et annoncé mon diagnostic sans le moindre câlin, le moindre soutien). Si je meurs (si l’anévrisme éclate, je meurs, c’est pas compliqué: l’hémorragie serait intense, l’état de choc quasi immédiat et l’ambulance partirait de trop loin pour offrir un quelconque espoir), vous ne le saurez même pas*. Alors voilà, j’ai pensé faire de petits coucous plus fréquents ici, peu importe de quoi ils seront faits, pour dire voilà, je suis encore en vie.


*Sauf si un journaliste voyait mon nom passer dans une rubrique nécrologique quelconque. Alors vous le sauriez. Ah ça serait beau: je l’imagine d’ici, ce début d’entrefilet! Finalement, ce n’est pas le Québec qui aura tué Helene Jutras, mais un banal anévrisme aortique… Non seulement pour mes enfants qui ont besoin de moi et que je veux voir grandir, mais pour éviter un tel titre dégueulasse, j’ai bien l’intention de vivre.

Pour marque-pages : Permaliens.

2 réponses à C’était une fois une humaine

  1. Caro dit :

    Tant qu’il y aura cette VIE qui écrira, toujours je continuerai à LA lire.
    Si mon oreille silencieuse peut apporter un certain réconfort, aussi minime soit-il, elle est tendue pour écouter encore les divers propos écrits de la Foliole ou des Campagnonades.

    • Campagnarde dit :

      Merci, Caro.
      (Merci aussi de m’avoir fait réaliser qu’une mise à jour avait fait disparaitre les commentaires sous les billets! C’est réglé. Au problème suivant, maintenant!)

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