Brouillard

Ce matin, je suis allée me promener dans les nuages. Mais oui mais oui! (La campagnarde n’oserait tout de même pas vous mentir, vous pensez bien!) Bon, d’accord, appelez ça du brouillard ou de la brume (j’y reviens), mais laissez-moi d’abord justifier ma poésie grâce au très poétique Environnement Canada:

Le brouillard est un amas de fines gouttelettes ou de fins cristaux de glace, accompagné de fines particules hygroscopiques saturées d’eau, souvent de taille microscopique, réduisant la visibilité en surface. Sa composition est donc identique à celle d’un nuage dont la base toucherait le sol. (…) Le brouillard se forme d’une façon quasi identique à celle des nuages, c’est-à-dire d’air sursaturé par refroidissement autour d’une quantité suffisante de noyaux de condensation. L’ajout de vapeur d’eau provient soit de l’évaporation du sol ou de la mer, soit des précipitations. (C’est moi qui souligne.)

C’est bien beau marcher dans la purée de pois nuageuse (c’est frais, mais après quelques jours à plus de trente degrés à l’ombre sans compter l’humidité, vive la fraîcheur!) et avancer vers un sentier qui semble ne pas exister avant qu’on y mette les pieds, mais encore faut-il (du moins dans mon esprit campagnard) appeler les choses par leur nom: marchai-je dans la brume, marchai-je dans le brouillard? Je me souviens vaguement avoir déjà trouvé une explication qui me satisfaisait et voulant que sur terre on a du brouillard et sur mer de la brume (d’où la corne de brume qui m’aidait à me souvenir de cette distinction), mais ce matin… non seulement je ne trouve plus cette source, mais pire… j’apprends que ce qui distingue la brume du brouillard, c’est une simple convention: on appelle brume un brouillard moins épais, permettant une visibilité de plus d’un kilomètre. Les marins, par contre, emploient plus souvent le mot brume. En plein champ et n’offrant aucune visibilité, mon nuage était donc un brouillard. Un brouillard qui n’a pas résisté au soleil cuisant, et qui se dissipait déjà à mon retour.

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À vrai dire, je suis un peu surprise de constater à quel point le brouillard matinal est commun dans mon coin de pays. En y repensant… c’est vrai que je n’étais pas souvent dehors à six heures du matin quand j’étais toute petite, et c’est vrai qu’en venant camper dans le coin on voyait souvent de la brume sur la route valloneuse en soirée. C’est implement que j’associe la brume et le brouillard à la mer et donc à la Côte-Nord. Comme cette fois où ma croisière sur les îles Mingan a été reportée pour cause de brouillard, et surtout comme la fois où, campant à Natashquan, nous avons entendu toute la nuit la corne de brume de Pointe Parent… pour nous réveiller dans un monde irréel, blanc et salé, où l’air était épais et saturé. Or, nous l’avons appris ce jour-là, le brouillard du Golfe peut durer toute la journée, transpercer les vêtements et faire de joyeux campeurs des plaignards sans rien à faire. Je pense aussi à ce début de soirée à Saint-Siméon, alors que Coco et moi, sur les roches s’avançant dans le fleuve, admirions les baleines toutes proches, tandis que fondait vers nous un mur blanc, très impressionnant. Ici, bien sûr, le brouillard manque de sel… et de consistance. S’il donne à ma promenade un aspect irréel (et une fraîcheur bienvenue), il se dissipe sous les chauds rayons, et les lève-tard jamais ne le verront!

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