Bête noire (la mienne)

Je lis beaucoup de livres pour enfants. Beaucoup. Et, forcément, je vois (déformation professionnelle: je ne peux pas ne pas les voir) des coquilles et des faussetés (je ne fais pas que traduire, dans la vie, je ne fais pas que relire: bien souvent, je vérifie les faits, aussi!)… et ces erreurs et mensonges m’énervent profondément. (En fait, profondément ne suffit pas… abyssalement? Disons.) Une coquille, ça arrive (ça arrive ici, sur ce blogue; je corrige quand je vois, mais voilà: je suis seule ici, et entièrement bénévole). Je pardonne les coquilles… mais je ne pardonne pas tout! Surtout qu’on parle à des enfants ici, à de petites éponges qui vont absorber ces jolies faussetés et les répéter!


Je vous donne des exemples. Un pingouin. L’écrasante majorité du temps, on parle de manchots, pas de pingouins. Les pingouins vivent dans l’hémisphère nord — allez en basse Côte-Nord voir les macareux moines: ils vivent avec des petits pingouins, c’est magnifique. Et vous savez quoi? Un petit pingouin, ça vole. Pas un manchot. Quant au grand pingouin, c’est une espèce disparue. Alors des manchots mal nommés, dans la littérature jeunesse, il y en a des tonnes (et en cinéma; oui je pense à Dreamworks et à ses rigolos volatiles qui font un détour par Madagascar — oh les beaux… manchots!). Parfois, c’est une mauvaise traduction, mais toujours c’est une question d’ignorance (l’auteur, l’éditeur, le relecteur, tout le monde laisse passer ça et moi, lectrice, je rage!).

Pour rester dans les oiseaux… Les oiseaux vivent dans un nid. Ce sont tous les livres qui me l’ont dit. Ben… c’est faux. Un oiseau niche dans son nid. La femelle y pond un œuf ou des œufs, elle ou eux les couvent et y soignent leurs petits, qui grandissent et… tout le monde quitte le nid, cet endroit chaud et douillet qui abrite aussi bien souvent plein de parasites. Ce ne serait pas un bon endroit pour dormir en général, pour plusieurs raisons, d’ailleurs.

Encore une question d’oiseau! L’autruche ne met pas sa foutue tête dans le sable. Revenez-en, et cessez de colporter des niaiseries. D’ailleurs les autruches sont des oiseaux fascinants, trouvez-vous un bon documentaire, je vous le recommande!

Le jardin, maintenant. Pourquoi pense-t-on qu’on peut dire n’importe quoi aux enfants? J’ai ici un livre où deux poires bien mûres sont restées sur la branche du poirier — et nos personnages les cueillent et les dégustent. Bravo. Sauf qu’une poire, il faut cueillir ça AVANT qu’elle soit mûre. Auteurs, optez au moins pour un fruit que vous connaissez!

Allez, défoulez-vous: quelle est la pire niaiserie que vous avez lue, vous, dans un livre jeunesse? [J’ai déjà corrigé un volcan qui entrait en irruption au lieu d’en éruption… alors que la chose avait déjà été publiée en Europe! Je suis restée avec une drôle d’image d’un volan entrant précipitamment quelque part. Ciel, mon volcan!]


À part les faussetés, il y a les fautes. Pour l’école-maison, j’ai acheté un beau cahier Raconte-moi l’orthographe. Le tout premier exercice dit «Relis les syllabes four former ces mots.» Relis. On demande, comme premier exercice de français en première année du premier cycle du primaire, de RELIRE des syllabes. Évidemment, on voulait dire Relie, du verbe relier. Savez-vous comment j’appelle ça? Un gaspillage d’argent de ma part. Parce que ce cahier-là est resté inutilisé: je ne lui ai plus fait confiance à partir de la page… 6. Pour un cahier de français, c’est inexcusable.

Ci-dessous, je vous offre un exemple ordinaire. Voyez-vous l’erreur? Je l’ai corrigée une fois la photo prise.

Quand on a payé le bouquin (ou pire, quand on a participé à sa production!), y trouver une coquille, une faute ou une fausseté, c’est fâchant. Mais parfois on peut aussi s’amuser de l’ignorance, de la bêtise ou de l’humour non voulu qui sont mis en lumière, et pour ça je vous envoie rigoler un peu, si ça vous dit, sur Bescherelle ta mère.

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