Transport scolaire

Quand j’étais toute petite, aller à l’école n’était pas une mince affaire. La prématernelle se donnait dans un village (à 45 minutes de chez moi avec les arrêts), la maternelle dans un autre (à 30 minutes) et la première année dans un troisième (le mien). Mais encore fallait-il… que l’autobus scolaire (conduit par monsieur Michaud, décédé depuis, mais toujours par lui!) se rende jusque chez nous. Ah, c’est que nous étions les seuls résidents permanents de notre rang, tout à un bout du territoire! Mon père a dû modifier l’entrée, lui faisant faire une boucle pour que monsieur Michaud puisse repartir avec moi (toujours la première à bord et la dernière à partir le soir!). Je garde des souvenirs de cette époque-là. ABBA qui jouait à la radio pendant que je somnolais (45 minutes de route à 4 ans, c’est long!). Monsieur Michaud qui m’avait demandé Est-ce qu’on dit des mensonges ou des menteries? (À six ans j’ai dit des mensonges, mais il m’a corrigée: on dit… la vérité!). Lui encore qui attend que je tourne bien la clé dans la serrure pour s’assurer de me laisser en sûreté parfois, quand mes parents l’avaient averti. Lui qui m’avait cru quand mes camarades pensaient que je fabulais en disant avoir été en Floride et avoir passé en voiture à travers des nuages (en Caroline? en Virginie?).

Aujourd’hui, bien des années plus tard, je croise presque tous les jours l’autobus scolaire (doté maintenant d’une conductrice, à qui je souris) sur le chemin où j’ai grandi. En septembre, en le voyant, j’ai eu un petit pincement au coeur. C’est que, voyez-vous, jamais je n’avais vu auparavant d’autobus scolaire sur ce chemin qui n’y soit pas venu… juste pour moi! Je me suis mise à imaginer une petite fille brune aux cheveux longs, une petite image bien sage mais dont les idées sont en ébullition constante et les genous couverts de bleus et de gales. Mais non. L’autobus va plutôt chercher un petit garçon. Un petit garçon brun, aux cheveux courts, qui est déjà grand frère et qui habite… sur ce qui était notre terrain! (Le lot a été divisé) Là où il dort chaque nuit, moi j’avais bâti (enfin, surtout imaginé) des cabanes et des cachettes. Là où il pique-nique avec sa famille, je passais en courant pour aller me promener dans la montagne. C’est quand même drôle, la vie.

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8 réponses à Transport scolaire

  1. Daniel dit :

    Ça me rappelle un peu les scènes au début et à la fin de Forrest Gump où le petit Gump Senior monte dans l’autobus et le petit Gump Junior monte dans l’autobus… 🙂

    • vieux bandit dit :

      Ah c’est une belle image! Et très appropriée: l’arrivée de l’autobus marquait la routine de mes jeunes journées, et j’ai des souvenirs très vifs de l’attente avec ma mère. Monsieur Michaud était une personne importante pour moi: l’un des quelques adultes responsables de moi, une personne de confiance.

  2. Manon dit :

    Peux-tu croire que…

    Moi j’ai pris l’autobus scolaire de façon régulière seulement pour aller au cégep!!!

    • vieux bandit dit :

      Wow, ça c’est spécial! 🙂

      En arrivant en ville, j’ai pu marcher (en ensuite véloter). Pour le secondaire, deux autobus de la STM, puis un (déménagement!). Pour le cégep, bus et métros. Alors mon expérience de transport scolaire (quotidien) se résume à ici et à… Monsieur Michaud!

  3. Manon dit :

    primaire et secondaire j’allais à l’école à pied et je dinais à la maison (enfin au primaire, car au secondaire je voulais être là le midi histoire d’être avec mes amies)

    Cégep… le cégep le plus proche de la maison était privé… mais le transports scolaire coutait 200$ par an… Ce collège avait une portion école secondaire ça explique le transport scolaire offert aux étudiants du cégep. Entre une voiture pour voyager ou un déménagement et les coûts que ça implique (appart, tel, hydro et tout les reste), le collège privé était encore meilleur marché!!!

    À l’université, je marchais…

    • vieux bandit dit :

      Ah, oui, en effet, la partie secondaire explique l’offre!

      Pour l’université, je partais d’Ahuntsic pour aller au centre-ville; un bus, un métro, un bus, ou alors un bus et deux lignes de métro. Je suggère ça aux parents, d’ailleurs, habiter à 45-60 minutes de l’université. Ça se fait, c’est pas la fin du monde, mais c’est juste assez long pour que l’étudiant commence à trouver que finalement, hein, un appart, ça pourrait être bien… 😉

      • Catherine dit :

        Ça explique pourquoi je suis toujours chez mes parents, on est pas assez loin de l’Uqam (gros max 30 minutes de chez moi)… Et ça confirme aussi ta théorie que si j’avais été à l’UdM, j’aurais déménagé (60 minutes c’est trop loin…)

        Par ailleurs ton si était down hier, c’est normal?

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