Parlons poil!

Je m’étais toujours dit que si une coiffeuse ratait un jour complètement ma coupe, il me suffirait de me raser la tête pour régler le problème. Toutes les fois que j’ai eu les cheveux longs, je les ai gardés relevés sur la tête et pris en enchevêtrement navrant. Toutes les fois que j’ai eu les cheveux courts, je me suis fatiguée du temps requis pour les replacer chaque matin. Un soir de février il y a huit ans, j’ai pris ma décision et rasé ma tête (enfin, pas au rasoir, mais à la tondeuse!). Je ne l’ai jamais regretté. Fini le temps des brosses, des peignes, des mousses, des gels, des séchoirs, des cheveux mouillés quand on veut sortir, des cheveux rebelles, des journées où les cheveux ne veulent rien savoir, des élastiques, des barettes, des rendez-vous chez le coiffeur, des minutes matinales perdues devant le miroir, fini! Du shampoing matinal suivi de la coiffure chaque matin, du rendez-vous aux deux mois, je suis passée à… quinze minutes par mois consacrées à mes cheveux!

Les réactions que j’ai entendues ou vues ont généralement été positives. Oui mais toi tu as une belle tête. Ah? Eh bien, vous m’en direz tant (et c’est que vous n’avez pas à vous battre contre mes rosettes tenaces!). Ce qui surprend? L’écrasante majorité des femmes (les hommes l’ont presque tous déjà essayé, chanceux!) qui me disent qu’elles rêvent d’en avoir le courage. Euh… Allez-y! (Si vous avez vraiment la frousse, faites-le juste avant le temps des tuques!)

Je ne m’étais jamais trop posé de questions sur le poil, que l’on distingue, allez savoir pourquoi, des cheveux. Adolescente, j’ai demandé à ma mère de me montrer comment faire, voilà tout. Rasage, cire, bidules de torture, crèmes dépilatoires, j’ai tout essayé tour à tour. Et puis un jour je me suis posé ces fameuses questions. Ou plutôt LA fameuse question: QUI a décidé qu’une femme était plus belle si elle s’épilait jambes et aisselles — moi ou… quelqu’un d’autre? La réponse est facile: la norme venait d’ailleurs que de moi. Eh bien. Une norme, ça se remet en question, surtout si ça empiète sur la vie privée de la campagnarde. Une norme extérieure pour définir mon corps? Un instant!

J’ai donc cessé ces épilations, que je trouve maintenant ridicules. Au sens où, naturellement, une femme adulte a du poils aux aisselles, au pubis et aux jambes. (Et sur le pubis et sa fameuse zone bikini, ou sur les épilations dites brésiliennes, ne me faites pas pomper, car ça sera facile, et je vous parlerai de vos fantasmes qui concernent de toute évidence les filles prépubères; vous n’aimerez pas!) Oui une femme adulte a du poil. Comme… moi! Les réactions, il fallait s’y attendre, ont été fort différentes de celles qui ont suivi l’absence soudaine de poil sur ma tête. Je sais que certains hommes en parlent à d’autres que moi (bravo, que de courage). Un ami m’a dit ouvertement qu’il ne trouvait pas ça beau (ça, je le respecte! Ayons le courage de nos opinions! Mais bien sûr je lui ai répondu que son opinion sur MON corps n’avait aucune incidence sur ma vie!). Que de dégoût pour ce que les hommes ont pourtant eux aussi. Faire autrement, ça choque! (Moi ce qui m’étonne c’est à quel point les autres se permettent d’avoir une opinion sur mes choix qui ne les concernent aucunement, mais ça, c’est une bonne réflexion!) Comment l’Homme a réagi, vous demandez? Mais l’Homme s’en fiche! L’Homme ne comprend pas plus que moi cette phobie de la pilosité! (et la tondeuse, la première fois, qui la maniait, vous pensez?)

La vérité, des années plus tard? Mesdames… on transpire beaucoup moins quand on ne se rase pas les aisselles. Ha. Moins d’odeurs, moins de sueur. Les jambes? Ça ne change rien à ma vie. Ah pourtant, si! J’ai gagné beaucoup (beaucoup!) de temps pour moi en abolissant l’épilation et la coiffure. Et j’économise, c’est pas possible! J’ai simplifié, économisé, réduit ma production de déchets (même recyclables), remis en question et réétabli selon mes priorités et besoins bien personnels. Maintenant? Je cherche le prochain combat, la prochaine norme dont je ferai joyeusement fi! Ça ne devrait pas être trop difficile: il suffira de trouver un autre domaine où les profits des entreprises priment sur le bien-être des personnes physiques…

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11 réponses à Parlons poil!

  1. Manon dit :

    hihi ben d’accord avec l’ensemble…

    Mais j’ai les cheveux longs comme le restant 😉

    quand ils touchent les fesses, je les coupe un peu parce que c’est pas commode losrque je m’assois…

  2. vieux bandit dit :

    Ah oui, c’est vrai: pour quelqu’un qui a la patience d’attendre que les cheveux soient vraiment longs ET qui a la volonté de les brosser (moi… ben… l’intention y était mais jamais l’action!), les cheveux très longs finissent par être plus faciles à gérer! Les hommes me croiront pas, mais un cheveux d’un demi-mètre, ça ne se dresse pas sur une tête le matin!

    Quand j’étais petite, ma mère avait les cheveux aux fesses. Juste à y penser je replonge en enfance, dans la magie! Elle les séchait dehors, au soleil, en les brossant. Elle les écartait pour me regarder et disait « coucou »! Elle avait même une petite chanson! C’est bête, hein, c’est un petit souvenir banal, mais ça me donne de grandes bouffées d’amour.

    (Surprise et heureuse que le premier commentaire vienne de quelqu’un qui est d’accord!)

  3. Manon dit :

    La patience je l’ai eu étant très jeune…

    Ma fille de 7 ans les a aussi long et celle de 4 ans rêve du jour où ses chevuex seront aussi longs que ceux de sa soeur!

    Le pire stade pour la longueur, c’est quand ils restent pogné en dessous des bras la nuit pis que tu essayes de te retourner dans ton lit!!!

    pis tsé pour le commentaire dans son ensemble ça m’a toujours embêté moi, déjà quand j’étais au secondaire, alors… Résultat aujourd’hui ma soeur m’envie parce qu’elle trouve que j’ai « peu » de poils comparativement à elle avec le temps… À force de couper elle les a renforci et multiplié!!!

    Et puis contente pour tes grandes bouffées!!!

    • vieux bandit dit :

      Ah oui, moi j’ai plein de poils incarnés à cause des rasages. Avoir su! (Et évidemment je me dis que si j’ai une fille, elle sera avertie, mais re-évidemment, étant moi, je risque d’enfanter une hyperféminine qui désespère de ne pas avoir de maquillage à voler à sa mère! Mais bon… je suis prête à prendre ce risque!)

      Je me suis jamais rendue à avoir des cheveux pris sous les bras! Je pense que si ça m’arrivait une fois, je raserais! (Voyons, chu ben excessive à matin…) Déjà le toupet qui pousse dans mes lunettes… pas capable! Ah oui et récemment j’ai paressé et laissé pousser mes cheveux quelques mois. Constat: des cheveux sur la nuque, je déteste ça!

  4. marie dit :

    bien d’accord avec vous ! c’est bien mieux de passer du temps à se remplir la tête qu’à se l’arranger 😉

  5. Mijo dit :

    Me raser les cheveux, je ne pense pas en avoir envie.
    J’en ai une masse épaisse, ça m’énerve un peu souvent beaucoup mais pas au point de la raser. Je coupe très court et je laisse pousser jusqu’aux épaules et je recommence.
    Mais peut-être qu’un jour, il me prendra l’envie de les tondre. Pour voir, pour essayer.

    Ne plus m’épiler les poils des jambes. Aie…. ça c’est certain qu’à part en hiver où ils peuvent me servir de couvertures chauffantes, je les épile dès les beaux jours. Comme pour les cheveux, j’en ai épais. Ils sont noirs, touffus avec des racines dignes d’un poil de sanglier.
    Mais avec le temps, ils commencent à être plus clairsemés, à être moins drus.

    Je perds donc du temps et de l’argent avec mes poils mais comme je ne suis pas une reine du shopping, je m’offre ce petit plaisir.

    • vieux bandit dit :

      Bah tu sais Mijo, ce que je trouve important, c’est que chacune (et chacun) choisisse pour soi, vraiment, après s’être posé la question. Si ça devient un plaisir, alors là…! 🙂

      (Oui bon, je voudrais aussi qu’on passe collectivement au-delà du jugement de la personne pour une question esthétique et personnelle, mais… une chose à la fois!)

      (Au moins c’est pas comme le Botox ou les régimes amaigrissants, y a pas de risque pour la santé! 🙂

  6. Ping :Barre de shampoing | Les campagnonades

  7. La Marmotte dit :

    Tiens, on dirait moi!

    J’ai maintenant 21 ans et:

    Je ne m’épile plus depuis… heu… 3 ou 4 ans.
    J’ai rasé mes cheveux pendant les étés 2007 et 2008.
    Par contre je les ai laissé poussé de septembre 2008 à janvier 2010.
    Il y a 3 semaines, j’ai choisi de les raser à nouveau… et d’adopter cette « non-coiffure » définitivement.
    C’est de cette façon que je me sens le plus MOi!

    Bien heureuse d’être venue faire un tour chez toi!

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