Monsieur pattes sales

(Une histoire dans laquelle campagnarde et campagnard font figure d’ignards…) Depuis quelques semaines, une énigme se dessinait. Faut croire qu’il n’y a pas de Holmes ni de Poirot dans nos ancêtres, parce que l’énigme ne nous inspirait qu’une constatation: il y a une énigme. L’affaire en est restée là. Zia ma puce, pourquoi as-tu les pattes sales? Esteban mon cowboy (qui nous présente ici son coin repos), pourquoi ta pattoche est crottée? Tao mon bébé, d’où vient le noir sur tes orteils? Moocah mon noir, toi tu sais dissimuler tes méfaits, mais je me doute que tes pattes soient aussi tachées… Voilà: depuis quelques semaines, les quatre chats ont les petons maculés. Pourquoi, où, quand, comment, alors que le félin soigne constamment sa propreté? Haussement d’épaules campagnardes. Sais pas. En attendant on se fout de leur gueule. Et quand je dis que leurs pattes sont sales… très sales. Approchons-nous d’Esteban…

Le mystère a depuis été résolu… Misère. Le problème venait de la chaudière au mazout (je répète que j’aimerais qu’on s’entende, d’un bord ou d’un autre, parce que faire des recherches en français là-dessus requiert une savante combinaison de chaudière et de fournaise, puis de mazout et d’huile à chauffage (si comme moi vous avez peine à vous souvenir lequel, de mazout ou huile, est un anglicisme, j’ai un truc: si mazout est un anglicisme, quel serait le mot d’origine? Mazoot? Hahaha, problème réglé!)). Bon, je ne vous ai pas tout dit (…). En décembre, on a manqué de mazout. On a fait remplir le réservoir (mais comme les maladies et accidents vétérinaires, les fins de réservoir n’arrivent pas au meilleur moment, aussi avons-nous attendu toute une fin de semaine que vienne le remplissage; à l’arrivée du camion il faisait 15 degrés en haut et tropical en bas avec le poêle à bois…). Mais la chaudière a refusé de repartir. Merde. On n’y connaît rien! En arrivant en mai, pas de problème, en remplissant à l’automne… non plus. Au secours monsieur le fournisseur de service, venez nous sauver (là, on baisse sous 15 degrés en haut pour attendre son arrivée le lendemain)!

Il est venu, il est parti (et entre les deux a nettoyé le gicleur et annoncé qu’il fallait changer le filtre), on a pu chauffer. Problème réglé! Jusqu’au questionnement sur les pattes sales. Le lien? On ne l’a pas vu non plus. Jusqu’à trois semaines plus tard… La chaudière, voyez-vous, ne brûlait pas bien/entièrement le mazout et elle dégageait de la suie par pleins nuages! La chaudière, les conduits de ventilation, le sol… tout était couvert d’une épaisse poudre noire! [Insérez ici une mini-crise de campagnarde qui voit déjà le feu de cheminée… l’Homme, lui, a tout éteint, chaudière, thermostat, alimentation électrique. Moi, collée sur mon écran à faire des recherche, j’approchais de la panique en lisant des textes en majuscules qui disaient que je courais un grave danger!] C’est de là qu’elles venaient, nos 16 pattes sales! Les chats vont à cet endroit beaucoup plus souvent que nous: ils le savaient, eux, qu’un problème empirait! [Et là la campagnarde s’écrie que justement la veille au matin elle avait remarqué que la fumée de la cheminée à laquelle la chaudière est rattachée était noire… Mais l’ignorance, c’est fort, hein: quand on ne sait pas qu’on voit un symptôme, on l’oublie vite!]

Autre appel chez le fournisseur de service, autre refroidissement en haut, et enfin autre problème réglé. Le pauvre homme a ouvert le conduit pour découvrir qu’il était presque bouché par la suie (le voilà, mon feu de cheminée…). Il a démonté, aspiré, fait l’entretien de la chaudière, remplacé notre nouveau filtre par un autre, plus performant. Notre constat commun, c’est qu’au cours des deux années où la maison n’a pas été habitée, l’entretien minimal (sur la chaudière et ailleurs…) n’a pas été fait (avant, pas sûr non plus). Le problème venait probablement de là, des résidus s’étant frayé un chemin jusque dans la pompe pour obstruer le gicleur (qui prend le mazout qui arrive et le fait gicler pour qu’il se consume). Notre histoire de suie, paraît que ça peut arriver très vite (ici, trois semaines).

Tout va bien. Encore une fois, on va se coucher moins niaiseux à soir! Alors les leçons à tirer? Une chaudière, c’est comme une grand-tante, ça se visite. Des pattes sales, c’est pas normal. Une réparation, ça demande un suivi de la part du client. La chaudière… il faut s’en faire une amie! (Ah oui et une autre: faut insister quand les réparateurs ne veulent pas faire l’entretien annuel sous prétexte que ça se fait au printemps, du moins quand on a un doute sur les entretiens passés!)

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