Lectures de 2016

Tradition oblige, voici d’abord les liens vers les années passées: 2012 201320142015

Côté lectures en 2016, un fait marquant pour moi: la mort de Terry Pratchett, de très très très loin mon auteur favori dans l’univers (oui au-delà de Tolkien, c’est dire). Or une lectrice en qui j’ai entièrement confiance (ben oui c’est Chantal, c’est toujours Chantal ma référence) me dit que ses romans sont poches en français. Autrement dit, la traduction n’a pas su rendre l’humour British inégalable de Sir Pratchett. Voilà qui est triste. Mais ça arrive. Et là vous êtes avertis: ne venez pas me dire que c’est pas bon quand vous n’avez pas lu l’original, qui est sublime. Déjà que Pratchett soit mort (qu’il ait été malade avant…) c’est pour moi une tragédie. Mais il y a pire encore, et c’est qu’un homme mort écrit généralement… peu. Là, y a drame chez moi. Mais j’ai eu droit à des bonbons quand même: des livres de textes repris, des livres en collaboration, des publications posthumes et même quelques recommandations de lecture. J’ai plongé, vous pensez? J’ai plongé.
Alors cette année (enfin, l’année passée), 46 titres lus. Ou plutôt non: 45 lus et un abandon (fait rarissime). Là-dessus, 27 livres en anglais et 19 en français (42%), et 25% des auteurs étaient des auteures (ça s’améliore tranquillement). Les titres ont été publiés entre 1726 (l’abandon, alors disons 1900) et 2016 (quoique le Michel Tremblay dit mai 2017… ahem!), et ont une moyenne de 291 pages (cette année j’ai ajouté cette donnée à ma liste privée, juste par curiosité). Cinq de mes lectures étaient des re-lectures. Voici donc la liste annotée, en ordre alphabétique selon le nom de famille des auteurs.

Mais auparavant, un condensé: Dans une librairie près de chez vous, procurez-vous Les filles de l’Allemand. Et en anglais commandez The Hands-on Home. Si vous jardinez avec passion découvrez Carol Deppe (en anglais) et ne passez pas à côté du jardinier-maraicher (même si vous ne pensez pas vous lancer en affaires) ainsi que son mentor, Eliott Coleman (insérer beaucoup d’amour ici) et si vous aimez vos poules, Harvey Ussery (en anglais aussi). Et pour du bonbon, Boucar Diouf (sous toutes ses formes, hahahaha)!

  • Atwood, Margaret :: The Heart Goes Last :: Honte à moi, c’est le premier ouvrage de Margaret Atwood que je lis! J’ai été soufflée, et je suis très satisfaite: quand je trouve une auteure aussi géniale, c’est une chance inouïe de savoir qu’elle a tant écrit et que j’en ai pour longtemps à me régaler. Un roman sans complaisance, récent, prenant.
  • Atwood, Margaret :: Alias Grace :: Celui-là, acheté parce que j’avais adoré celui qui précède, est très différent mais aussi prenant. Il ranconte (de façon forcément romancée) l’histoire d’une femme ontarienne condamnée pour meurtre il y a bien longtemps! Fascinant.
  • Barbeau-Lavalette, Anaïs :: La femme qui fuit :: Un roman qui reçoit des prix… et que je n’ai pas aimé. Au départ j’adorais le style, puis j’ai déchanté. Raconté à la deuxième personne du singulier, ce roman raconte un peu l’histoire de la grand-mère de l’auteure. Sauf que voilà, cette grand-mère ne m’est pas devenue sympathique à la lecture, plutôt le contraire. Et je crois que c’est là que j’ai décroché au point de détester: me fais dire tu comme si moi j’avais abandonné mes jeunes enfants (c’est d’ailleurs un roman à ne pas lire si vous en avez!), à coups de phrases incisives et de narration à l’américaine, j’ai trouvé ça pénible. Oh, on comprend que dans le contexte historique du Refus global, elle ait eu moult raisons de faire ce qu’elle a fait — mais voilà, ce n’est pas noir sur blanc, il faut le deviner, il faut trouver les motivations, le sous-texte… et ça m’est devenu intolérable.
  • Baum, L. Frank :: Le magicien d’Oz :: Alors là! Oui, en traduction: j’ai lu à ma fille, comme tout premier roman de longue haleine, mon exemplaire du Magicien d’Oz, que j’ai reçu pour ma première communion (yark caca cessez de forcer les enfants à croire à vos niaiseries voulez-vous) y a (donc) quelques siècles. Un bonheur, évidemment. Un grand bonheur!
  • Bernier, Marc-François :: Foglia l’insolent :: Ouais… c’est pas une biographie. C’est un genre de ramassis. À réserver aux plus grands fans de m’sieur Foglia, dont je suis.
  • Clarke, Arthur C. :: 2001: A Space Odyssey :: Une drôle d’histoire, que celle du roman et du film, d’abord écrits en parallèle en même temps (!). J’ai trouvé que le roman ajoutait ce qui manquait, pour moi, au film (vu maintes et maintes fois néanmoins). Un bijou.
  • Coleman, Eliot :: The Winter Harvest Handbook :: Ah, cet homme, je l’aime. C’est le mentor de notre jardinier-maraicher, et plus encore. Ses écrits me parlent.
  • Collectif :: After the King :: Collection d’histoires inspirées de près ou de loin par Tolkien.
  • Coupland, Douglas :: Microserfs :: Une rerererelecture. Parce que je me suis procuré un nouvel exemplaire, quelqu’un quelque part ayant gardé le mien (mon nom est écrit dedans, chose, r’gardez donc sur vos étagères!). Le premier livre que j’ai fait lire à mon Homme!
  • Coupland, Douglas :: Kitten Clone: Inside Alcatel-Lucent :: Réflexions d’un auteur en résidence. Fascinant. Mais bon, je lis tout ce que Douglas Coupland écrit. Même quand il insère du français, toujours tout croche (Yes Douglas Coupland I’m talking to you! NEVER ever use French without contacting me first — it’s so fucking insulting to read in this book that you fucking Google-translate stuff! Hello! We can tell when you’re being phony! It’s highly disruptive!), ce qu’il ne fait pas dans ce livre où il admet utiliser Google Translate pour ce faire, une idée tellement mauvaise que ça paraît chaque fois!
  • Coupland, Douglas :: The Age of Earthquakes: A Guide to the Extreme Present :: Beaucoup d’extraits du titre précédent, finalement, mais dans un livre d’art.
  • Deppe, Carol :: The Resilient Gardener :: Un grand coup de coeur que cette auteure cette année. Une femme qui dit les choses comme elles sont, qui énonce ses limites et ses besoins et explique ensuite comment elle arrive à vivre avec les premières et à répondre aux seconds. J’adore.
  • Diouf, Boucar :: Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres :: Un cadeau inattendu de ma mère, dont jje me suis ré-ga-lée.
  • Diouf, Boucar :: Sous l’arbre à palabres, mon grand-père disait… :: Un autre cadeau de ma mère, mais demandé, celui-là! On le lit et on l’entend parler, c’est magnifique.
  • Fortier, Jean-Martin :: Le jardinier-maraîcher :: On est loin des livres de théorie, ici! Du concret, des données financières, des outils. Et assez de connaissances pour se dire que ouan, non, c’est vraiment pas pour nous, vivre de son jardinage maraicher (ou le contraire, hein!).
  • Gibson, William :: The Peripheral :: Du bon William Gibson, c’est… extraordinaire.
  • Hébert, Anne :: Est-ce que je te dérange? :: Probablement pas un de ses meilleurs. Pas mauvais pour autant. Un de ces titres qui évoquaient pour moi un récit qui… n’avait rien à voir avec celui que contenait les pages!
  • Heinlein, Robert :: The Moon is a Harsh Mistress :: La Lune et ses habitants se révoltent… et un ordinateur devient conscient. Ce n’est là que le début…
  • Henderson, C.J. :: Neil Gaiman’s Lady Justice: Volume 1 :: Le seul roman graphique que j’ai lu cette année. Intéressant, comme concept: Dame Justice ne peut juger ni agir seule, mais a besoin d’un avatar humain.
  • Laferrière, Dany :: Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo :: Un livre écrit après 40 ans au Québec, que j’ai lu après… 40 ans au Québec. Exquis. Vraiment, il y a là beaucoup de détails d’un intérêt certain, et des réflexions sur notre identité vue de l’extérieur — mais de proche, de tout proche.
  • Laferrière, Dany :: Les années 80 dans ma vieille Ford :: Laferrière avant qu’on le connaisse comme on le connaît. Juste deux Laferrière lus cette année, je m’étonne.
  • Lamontagne, Dominic :: La ferme impossible :: Essai bien ficelé et intéressant sur les limites bien réelles que nous imposent lois et UPA. Révoltant. Parce que partout ailleurs, vivre d’une petite ferme polyvalente est non seulement possible, mais… normal.
  • Langford, David :: The Leaky Establishment :: Une recommandation de Terry Pratchett. J’ai trouvé ça bof.
  • Lewis, Roy :: The Evolution Man: Or, How I Ate My Father :: Une recommandation de Terry Pratchett. Histoire vraiment rigolote d’hommes préhistoriques ayant capturé le feu.
  • O’Hara, John :: Appointment in Samarra :: Une recommandation de Terry Pratchett. Une histoire du début du 20e siècle, punchée, irrévérente. Voici un lien vers la fable qui a inspiré le titre (et m’a convaincue que j’aimerais le roman).
  • Picasso, Pablo :: Le désir attrapé par la queue :: Une pièce de théâtre absurde. Rigolo, sans plus.
  • Pratchett, Terry :: Shaking Hands With Death :: Court essai que, finalement, j’avais déjà lu dans un recueil. N’empêche.
  • Pratchett, Terry :: The witch’s vacuum cleaner :: Collection de récits pour jeunes lecteurs, écrits jadis naguère lalalère.
  • Pratchett, Terry; Baxter, Stephen :: The Long Cosmos :: Écrit par Baxter après la mort de Sir Terry, mais imaginé en tandem. Franchement j’ai mis deux jours à le commencer: chaque fois je regardais la jaquette je pleurais parce que ça disait Terry Pratchett was… Son décès m’est insupportable. Il était… mon père d’âme (et il vit sur ce blgue, sans que ça paraisse; jamais son esprit ne mourra).
  • Proulx, Chantale :: Filles de Déméter :: Livre sur la maternité recommandé par ma sage-femme qui connaît l’auteure, de qui j’ai dû commander un exemplaire (à peine) usagé. Réflexions intéressantes, mais le texte date de 2005 et certaines choses ont (heureusement!) évolué.
  • Quino :: Mafalda Intégrale :: Quand une BD pèse 44 briques, je l’ajoute à ma liste et c’est tout.
  • Roy, Gabrielle :: Bonheur d’occasion :: Emprunté il y a quelques année, ce livre a enfin été lu ici! Et là je me mords les doigts, parce que j’ai dû le redonner… et que je le veux. JE LE VEUX. J’adore Gabrielle Roy, je dois enfin m’en rendre compte! Aucune maladresse, aucun défaut dans sa narration (alors que souvent, pour des auteurs plus récents, je perçois la faiblesse ou la relecture trop ou pas assez affirmée — j’ai un bon instinct pour trois choses: l’écriture de fiction, la photo et le jeu dramatique; quand ça sonne faux, je le sais, je le sens [je ne prétends pas pouvoir faire mieux, par contre]. Avec elle, jaaaaamais!). J’ai dévoré ce roman. Et adoré.
  • Sacks, Oliver :: Seeing Voices :: Plate à dire, mais ce livre m’attendait depuis 20 ans et je l’ai lu… quand son auteur est mort.
  • Sacks, Oliver :: An Anthropologist on Mars: Seven Paradoxical Tales :: Dans la foulée du précédent j’ai lu celui-ci. Il est toujours intéressant et égal à lui m^peme, ce bon docteur.
  • Stanley Robinson, Kim :: Shaman :: Cet auteur-là ne me déçoit jamais. Il ne fait pas dans l’éblouissant, mais il racore de bonnes histoires. Ici on est dans un genre de monde primitif, si vous me passez l’expression, avec des humains pas préhistoriques, mais tribaux, disons.
  • Strauss, Erica :: The Hands-On Home: A Seasonal Guide to Cooking, Preserving & Natural Homekeeping :: Par l’auteure de Northwest Edible Life. Je vous en ai déjà parlé et je n’ai pas fini de le faire. Plein de trucs et de recettes, un livre magnifique (avec un ruban en guise de signet), divisé par saisons, mais que j’ai lu d’un bout à l’autre, à petites doses. À petites doses parce que la môzusse me donnait une féroce envie de ranger et de nettoyer chez nous! Non mais, avec un poupon, imaginez-vous?!
  • Swift, Jonathan :: Gulliver’s Travels :: Lee voilà, mon abandon. Au début j’aimais bien, puis on est tombés dans les énumérations et les descriptions que pourtant je tolère généralement bien. Cette fois-ci, je me suis dit que la vie était trop courte.
  • Thériault, Annie-Claude :: Les filles de l’Allemand :: Mon roman coup de coeur de 2016. OH OUI. (Pour tout vous dire, je connais Annie-Claude, qui est la cousine d’une bonne amie. Facebook dit que nous sommes amies, mais je répète: je la connais, c’est tout!) Deuxième roman d’une auteure qui promet. Le premier était très personnel, celui-là l’est moins… en apparence. Mais c’est… ah, que vous dire? C’est trop bon! Une bonne histoire bien contée, avec juste ce qu’il faut d’humour et de rebondissements. Un bonheur de lecture.
  • Tolkien, JRR :: The Hobbit :: Une, quoi, quinzième lecture, ou à peu près? Je l’ai lu avec l’intention de lire Lord of the Rings une 17e (18e?) fois. Je ne l’ai pas encore fait.
  • Tremblay, Carole :: Six mois sans pamplemousse :: Je me souviens qu’une femme a six mois à vivre et que sa meilleure amie décide de les vivre avec elle… puis… euh… ben voilà, ça ne m’a pas trop marquée.
  • Tremblay, Michel :: La traversée du malheur :: La fin du cycle des Desrosiers. À ne pas manquer pour ceux qui aiment les Chroniques du plateau. Miam.
  • Tremblay, Michel :: Conversations avec un enfant curieux :: Son livre que j’ai eu pour Noël, qui vient de paraître. Une impression de déjà lu, mais une lecture néanmoins agréable, comme chaque fois.
  • Ussery, Harvey :: The Small Scale Poultry Flock :: Le meilleur livre que j’aurais pu lire avant d’adopter poule et poussins. D’ailleurs je devrais en relire de grands pans.
  • Vigneault, Guillaume :: Chercher le vent :: Une trouvaille au hasard. J’ai beaucoup aimé, mais c’est quand même une lecture légère, un roman qui laisse une marque pas trop profonde. Avec quelques défauts, mais impossible à lâcher.
  • White, E.B. :: Charlotte’s Web :: Lu à voix haute à ma fille comme deuxième roman (c’était ma deuxième lecture). Si elle a aimé? Elle a demandé à son père de le lui lire encore, juste après!
  • White, T.H. :: Mistress Masham’s Repose :: Une recommandation de Terry Pratchett. Et c’est à cause de celui-ci, que j’ai aimé, que je me suis tournée vers Gulliver (erreur!), qui l’a inspiré. Une jeune orpheline découvre un peuple de gens miniatures… et ils ont évidement de nombreuses aventures.

Pour 2017? J’ai un essai en cours de lecture, et un premier de trois romans policiers qui se passent dans l’Allemagne nazie, et un autre livre de Carol Deppe. On s’en reparle… dans un an! 🙂

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9 réponses à Lectures de 2016

  1. manon dit :

    Ben tient! Fortier et Coleman ont été dans mes lectures de 2014 (Fortier et celui de Coleman qui a pour titre « The new organic grower ») et 2015 (Coleman, « the winter harvest handbook » moi aussi). Je les ai adoré moi aussi! À la liste du genre il y a aussi celui de Niki Jabbour, « The year-round vegetable gardener ». Elle demeure à Halifax, Nouvelle-Écosse. Elle aborde le tout avec un optique « domestique », petite-famille. C’est un bon complément à Fortier et Coleman qui eux sont un gros pied commercial, mais commercial à petite échelle et locale.

    • Campagnarde dit :

      Pour Fortier, pour une très rare fois je ne me suis pas garrochée, et donc j’ai eu la version révisée, augmentée, yé! (Habituellement je me mords les doigts en la voyant, celle-là!).

      Oui, Nikki Jabour, Coleman en parle, non? Ou Fortier? En tout cas j’ai repoussé l’idée du jardinage d’hiver (ni serre ni moyens d’en avoir une comme je voudrais pour ça). Et j’ai trouvé en Carole Deppe une voix qui me réconforte (elle est comme une cousine un peu bourrue, je trouve! – Plus jeune j’aurais dit une tante…), alors je me suis procuré ses deux autres livres. Elle parle de sa production, pas pour la vente mais pour manger en aimant ce qu’on mange et pour développer nos propres variétés.

      • Campagnarde dit :

        Le New Organic Grower je l’ai commencé mais finalement pas lu encore. J’ai aussi son livre avec Barbara Damrosch, son épouse, qui est mi livre de recettes, mi livre de culture.

  2. Annie dit :

    Guillaume Vigneault!! Si on s’ attend à des textes comme son père …c’ est complètement différent! Je te suggère son premier livre beaucoup supérieur au 2e selon moi.carnet d’un naufrage.

    • Campagnarde dit :

      Je n’étais pas certaine si c’était «le fils de…»! J’essaie de ne pas trop en apprendre sur les auteurs, pour laisser parler l’oeuvre (parce que parfois l’auteur est un humain dégueulasse, et alors ça me détourne des écrits, pas nécessairement pour une bonne raison, mais je suis alors incapable de poursuivre; ça m’est arrivé avec Orson Scott Card, dont j’ai plusieurs livres qui restent non lus).

      Mais je note, pour Carnet d’un naufrage, merci!

  3. Bruno dit :

    Nous avons eu au moins une lecture commune en 2016 : « 2001: A Space Odyssey ». J’avais vu le film plusieurs fois déjà, mais jamais lu le roman dont la genèse fut assez particulière en effet. Et je crois que l’influence de Kubrick sur le roman fut énorme, car il suffit de lire les suites (2010, 2061 et 3001) – ce que j’ai aussi fait cette année, malheureusement – pour se rendre compte qu’Arthur C. Clarke n’a pas pu / su (?) maintenir le niveau. D’ailleurs, si on considère que 2001 raconte l’histoire de l’humanité jusqu’à l’effacement de notre civilisation et l’avènement d’un enfant cosmique qui offre un nouveau départ à l’Homme (on « reboote » tout), pourquoi écrire des suites qui se déroulent dans la continuité de notre univers, alors que ce qui devrait théoriquement faire suite à « 2001 » est un renouveau complètement inconnu / étranger / foreign / alien ?

    Pourtant, j’avais aimé « The Fountains of Paradise » du même Clarke (Prix Hugo en 1979 et Nebula en 1980).

    « Les Voyages de Gulliver », lu il y a des années, ne m’avait pas semblé si fastidieux. J’ai aussi lu « Instructions aux domestiques » de Swift, et j’aillais dire « Moll Flanders », mais non, ce dernier est de Daniel Defoe. J’ai eu une grande période XVIIIe anglais à la fin de l’adolescence : je dévorais Daniel Defoe, Laurence Sterne (« Voyage sentimental à travers la France et l’Italie »), Henry Fielding (« Tom Jones »), etc. Au cinéma, j’ai même adoré la version contemporaine de « Gulliver’s Travel » avec Jack Black (« 20 % fresh on Rotten Tomatoes », au secours !).

    Et depuis le temps que tu en parles et que tu le lis, je devrais me lancer dans Terry Pratchett, mais en anglais alors ?

    • Campagnarde dit :

      Ah ben tu m’évites des déceptions, merci! J’ai lu deux autres Arthur C. Clarke, y me semble que j’ai bien aimé, mais j’irai pas vers ces suites-là!

      Terry Pratchett, selon ce que me dit Chantal, c’est vraiment mauvais en français. Et je la crois, car de l’humour British, c’est vrai que ça peut mal se rendre. Moi je le trouve sublime (et hilarant, c’est vraiment un humour qui me rejoint). Il parodie (tout! il connaît tout, cet homme!), il se moque, mais il bâtit en même temps, il échafaude tout un monde. Et ses personnages féminins sont particulièrement intéressants. Ses livres jeunesse sont des bijoux. Un moment donné je vais tout relire Pratchett… mais ça va me prendre une annnée entière!

      Tiens, une petite citation: “It was octarine, the colour of magic. It was alive and glowing and vibrant and it was the undisputed pigment of the imagination, because wherever it appeared it was a sign that mere matter was a servant of the powers of the magical mind. It was enchantment itself.
      But Rincewind always thought it looked a sort of greenish-purple.”

  4. Chantal dit :

    J’ai tellement envie qu’on s’assoit autour d’un café pour en jaser, de cette liste! Ce qui m’en reste, c’est que moi aussi, j’ai adoré Bonheur d’occasion, presque en secret, parce que lecture obligatoire d’un cours et détesté unanimement par les fortes têtes (et voix) autour de moi. Et hands on home, tu ne l’as pas lu, tu l’as parcouru, vécu, habité!
    Ah et 2001, j’ai lu ça il y a un millénaire, j’avais détesté, rien compris. J’étais peut-être trop jeune, 15-16 ans, ou peut-être étais-ce le français…

    • Campagnarde dit :

      Ouin ben… comment dire… je lis une trilogie traduite en ce moment, et même si c’est très bon, je vois les faiblesse de la traduction. Et je ne me ferai pas d’amis en le disant, mais… souvent, les traducteurs français-de-France se trompent (je ne peux juger que des traductions de l’anglais, évidemment). Ils vont trop vite (trop peu payés pour s’attarder? trop peu révisés? manque d’humilité? je ne sais!), ils ne saisissent pas tout à fait les concepts (comédien pour comedian au lieu d’humoriste; allée pour alley au lieu de ruelle, etc.) et ça dérape. J’en ai révisés… et quand je trouvais que ça clochait, j’allais voir le texte original pour me rendre compte qu’ils n’avaient pas saisi le sens d’un passage! C’est effrayant, ça, réaliser qu’on lit parfois des approximations malhabiles!

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