L’école… ou non

Ohé, parents d’enfants habituellement scolarisés qui n’ont plus accès à l’école! Ça va? Vous survivez? Je voulais vous dire une chose: vous faites du bon travail. Vous en faites, surtout (j’en suis convaincue), assez. Vous êtes bons, et vos enfants vont être (plus que) corrects. Faites le plein d’indulgence et arrosez-vous-en! (Non, pas en disant ça va bien aller, par pitié, ça va faire, mais quand même, inspirez pronfondément et laissez votre organisme s’oxygéner un peu!) Je vous offre un gros câlin virtuel, exempt de tout virus (et même de poil de chat! Ha! C’est rare que la réussis ça!).

Ça va, vous êtes calmes et dispos? Bon. Maintenant, je voulais vous murmurer, tout doucement, sans élever le ton, que ce que vous faites, tous vos efforts, votre soutien sans faille (et sans trop de pleurs, on l’espère) à votre enfant, votre sollicitude, votre présence, tout ça… ce n’est pas faire l’école à la maison. Et c’est correct! Vous faites ce qui est possible au beau milieu d’une situation d’urgence comme les dernières générations n’en ont pas connues, et c’est déjà é-nor-me (et suffisant, je l’ai dit? je le répète!).

Je vous dis ça parce que… parce que l’école à la maison, c’est plus doux, beau et plus vaste que ça. C’est, d’abord (et c’est crucial), un choix. Qu’on fait avec enthousiasme, avec passion (dans le meilleur des cas, là!), avec conviction. Une pandémie n’est pas exactement le moment propice pour développer une passion, on s’entend? Et quand on choisit l’apprentissage en famille, on fait des choix de programmes aussi, de moyens, de méthodes (au lieu de recevoir une trousse hebdomadaire dont on ne connaît pas les tenants et aboutissants, par exemple [je ne critique pas les trousses, au contraire, ce sont de riches ressources, mais elles arrivent sans tout le contexte qu’a l’enseignante, y compris son expertise et sa confiance pour dire ok, ça suffit, cette notion est bien comprise, passons à autre chose]). On adapte tout (tout!) à l’élève et à soi, comme on veut, comme on peut! Et on peut en changer au besoin. On a une liberté totale (tant qu’on respecte les critères du MEQ…); vous sentez-vous débordants de passion, de conviction et de liberté, en ce moment? Ben voilà. La différence est majeure (et il y en a d’autres!).

Je ne voudrais pas que plein de parents se fassent une idée faussée de la réalité des parents éducateurs. NON, nous ne restons pas confinés en temps normal, au contraire! (Nous profitons habituellement de tous les lieux délaissés pendant la journée par les masses scolarisées, héhé!) Nous ne vivons pas en isolation non plus (les copains nous manquent à nous aussi!)

Que vos enfants ne fréquentent pas l’école pendant quelques mois… moi ça ne m’inquiète pas. (Évidemment ce ne sont pas mes enfants, c’est facile à dire, blablabla…) Les enfants et leur cerveau-éponge vont rattraper le temps que l’on appelle trop facilement perdu (et si vos enfants avaient dus être sortis du système, il est bien possible que quelques mois de déscolarisation leur auraient fait le plus grand bien; un traumatisme et une pandémie, ça peut se comparer…). Et si je dirigeais le ministère de l’Éducation en ce moment…? Le message ministériel serait bien différent. Voici ce qu’il serait: Parents, vous avez ici une belle occasion — que dis-je, occasion! une belle mission! — celle de faire comprendre à vos enfants, de mille façons, que l’apprentissage n’est PAS réservé à l’école. Apprenez, laissez-les apprendre, suivez-les dans leurs apprentissages, faites remarquer des choses et tassez-vous au besoin pour les laisser aller plus loin! (En mettant l’accent sur ça, on pourrait changer bien des choses pour toute la vie de beaucoup, beaucoup d’adultes futurs. C’est sûr que ça pourrait causer une pénurie de travail pour les psys, mais bon…)

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2 réponses à L’école… ou non

  1. Martine dit :

    Je pense souvent à toi quand j’entends des parents parler des difficultés de « faire l’école à la maison » ces jours-ci. Contente de te lire à ce sujet. 🙂

    • Campagnarde dit :

      On les a mis dans une situation intenable, les pauvres. Avant qu’on commence, nous, il y a 3-4 ans, j’ai lu plein d’ouvrages, et depuis aussi. J’ai appris à laisser aller plein d’idées reçues, à lâcher prise. C’est toute notre vie que ça change, ce choix-là, toute notre organisation! Choisir de réaliser les apprentissages en famille, c’est fanstastique; se le faire imposer (sans préparation, sans l’avoir voulu ni prévu, et en situation jamais vue en plus!), c’est… terrible!

      (Juste avoir ses enfants sans pause jamais, ça demande toute une adaptation; ben franchement si c’était la mission qu’on avait donné aux parents, s’adapter à ça, pendant le confinement, ça aurait déjà été un gros défi, bien suffisant, pour la plupart! Je compatis! Ce serait facile pour moi de dire « ben là, vous les avez pas voulus, vos enfants? » mais la réalité c’est que nous, on a éduqué un maintenant-jeune-homme avant de faire les choix actuels; on a vécu comme tout le monde avant et décidé d’essayer autre chose. Et non c’est pas facile tout le temps, même en assumant ces choix-là!)

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