Le plus grand tabou

Avoir un bébé, ça change une vie. Hein, je vous en apprends, là. Vous allez vous coucher ce soir bien plus savant, bien plus érudite, d’avoir lu cette phrase édifiante. Bon. Je ne sais pas commencer ce billet-là, voyez-vous. Celui qui parle non pas du PQ, mais de PQ. Mais ça a commencé par un bébé, c’est sûr: c’est pour le bébé que j’ai acheté plein de petites débarbouillettes et un seau à couches. Et pour le deuxième, au lieu d’acheter des lingettes faites, j’ai coupé du tissu.

Les premières ont duré quatre ans; les deuxièmes, un peu plus de trois ans (pas mal pour un mètre de tissu coupé, aux bords jamais cousus!). Sur les photos? La troisième vague de lingettes maison. Elles sont faites, tout simplement… de couvertures pour bébé en flanelle (j’en avais une pile haute comme ça, c’était fou) coupées.

Où il est, le tabou? C’est que ces lingettes ne sont pas réservées aux essuyages de bébés (y a pu de bébé ici, là, mais quand même un bambin). Quand ma fille a été prête pour la toilette au lieu du pot, je n’ai pas mentionné de transition vers le papier de toilette: elle a toujours utilisé du tissu, qui est plus écolo (évidemment il faut laver en eau chaude, mais le détergent ne me coûte pas grand-chose, les lingettes rien [j’ai encore plein de flanelle à couper] et aucune essence n’est requise pour aller loin acheter quoi que ce soit, ce qu’un manque de papier de toilette nous forcerait à faire – oui, un bidet serait bien plus écolo, mais mes salles de bain sont déjà trop remplies) et mille fois plus doux. Hop, ça va dans le seau à couches jusqu’au lavage.

Le tabou? C’est que je fais pareil. (Encore un lien avec la grossesse: avec des hémorroïdes, le tissu vaut mille fois mieux. Et une fois l’habitude prise, pourquoi en changer?) Et que maintenant nous faisons pareil… tout le temps. Notre toilette ne voit plus que le papier… des visiteurs.

Je constate en ligne qu’il y a des gens que ça horrifie. Bon, ok, on ne choisit pas son dédain, j’imagine. Mais moi je ramasse les crottes de mon chien, je fais les litières des chats, je marche dans le poulailler (où pensez-vous que ça défèque, une poule? Et 22?) et j’ai eu deux bébés (sans parler du plus grand, que j’ai rencontré avant qu’il soit autonome dans ce domaine). Du caca, ça m’énerve juste… pas. Du pipi non plus: mes enfants ont quitté leurs couches à deux ans et demi, alors des dégâts, j’en ai épongé! Pour ceux que ça fait paniquer, je pense qu’il faut penser aux couches lavables. Le tissu au lieu du papier, c’est la même chose.

(Y a des gens qui disent que le papier de toilette de toute façon ne coûte pas cher. Je ne suis pas d’accord, je trouve ça cher pour un article destiné à être jeté. Mais aussi? Ça vient dans un emballage en plastique. Donc le déchet, c’est le contenu ET le contenant! J’aimerais bien affirmer, aussi, que c’est mieux pour notre fosse septique, mais je ne trouve aucune donnée probante à cet effet. J’ai aussi lu un billet d’une mère qui a fini par trouver que ça sentait fort; si ça arrive je vais commencer par utiliser du vinaigre dans le seau avant de mettre le projet à l’eau.)

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3 réponses à Le plus grand tabou

  1. Chantal dit :

    Je le fais par période ici. Ces mois-ci, on est papier, parce que la minuscule laveuse reçue en héritage ne fournit pas à la demande pour laver les vêtements de la famille, alors encore moins les lingettes. Mais je m’ennuie, juste à voir combien de mètre de papier mon fils utilise pour son tit caca, je m’arrache les cheveux!

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