Lait maternel

L’autre jour, j’ai entendu quelqu’un dire Y a des gens qui croient que le lait maternel, c’est mieux pour le bébé. Ça m’a fait réagir pas à peu près (vous avez pas idée la chance que vous avez de pas être assis, tous autant que vous êtes, sur le divan à côté de moi certains soirs!). Effectivement, y a des gens qui le croient. Parce que… c’est vrai, tout simplement! Je ne me sens pas le besoin de vous convaincre: les seules qui essaient de laisser croire le contraire sont… les compagnies pharmaceutiques! (Ça va pas mal loin, ce qu’elles arrivent à faire avaler à une société entière. Ça provoque chez moi des colères sombres. Des rages sourdes.) Pour ne pas chaudement recommander l’allaitement, il ne reste que des gens mal informés (y compris des médecins; le mien a eu l’air surpris que je veuille poursuivre l’allaitement après trois mois (!)) et ceux qui veulent vous manipuler parce qu’ils ont quelque chose à gagner (les compagnies pharmaceutiques, je l’ai-tu dit?!).

Voilà plus de neuf mois que j’allaite ma fille. Quand elle a mangé des céréales pour la première fois, elle le voulait, elle savait quoi faire, elle en avait envie. Elle a aimé ça. Moi… j’ai trouvé ça dur de voir qu’à cinq mois et demi, elle se sentait déjà prête pour s’éloigner un peu de moi (même si bien sûr ça veut aussi dire que je fais ma job comme il faut!). Allaiter, je trouve ça… normal. Facile (depuis le jour 3, quand une sage-femme m’a écoutée raconter notre deuxième nuit difficile et m’a regardée allaiter pour me dire de ne pas avoir peur de serrer ma fille, qui était habituée à être bien plus serrée que ça… dans son placenta! Enfin, y a un petit apprentissage à faire, mais ça se fait à deux!), même. Pratique, extraordinairement. Rapide, c’est parfait. Gratuit, c’est un grand avantage. À la bonne température, encore mieux. Mais l’allaitement va plus loin que le côté pratico-pratique. C’est un moment privilégié, une pause. Et le lien qui se crée avec le bébé est… total. Quand ma fille a un besoin, elle sait que je vais y répondre. Dans la douceur, la chaleur, avec calme, elle et moi formons notre bulle. C’est dans ses moments que la complicité se tisse serré. Ou plutôt, c’est dans ces moments que la complicité se développe le plus naturellement du monde: elle a besoin de moi, et je réponds à son besoin en m’offrant à elle. Oh, ça se fait autrement aussi (ma puce et son père se comprennent en un sourire), bien sûr!

Je pense que si on m’avait posé la question il y a un an, j’aurais dit que oui, bien sûr, ma fille boira aussi au biberon. Du lait maternel quand même, mais sans que je sois nécessairement là. Les guides et livres sur l’alimentation du nourrisson ont tous une opinion sur quand et comment introduire le biberon, et j’avais lu et gobé. J’ai même acheté des biberons en verre, question de pouvoir les mettre au lave-vaisselle (resté inutilisé depuis ce temps, m’enfin…). Les biberons ont servi neuf mois, un à la fois… à conserver le lait pour les prochaines céréales (maintenant on est au lait entier dans ses céréales). J’en ai offert un (en plastique) à ma fille, avec de l’eau dedans. Elle savait quoi faire (à peu près). Et puis après… rien. Je ne sens pas le besoin de confier ma fille à qui que ce soit. Seul mon Homme part avec elle de temps en temps, entre un repas et un boire Seul son frère la divertir pendant de longues périodes « loin » de moi (faut le dire vite). Donc les biberons… pas besoin. La nuit! C’est ça: je pensais, l’an dernier, que ça serait génial si l’Homme pouvait donner un biberon la nuit tandis que je poursuivais mon roupillon. Pensez-vous?! Pffff. Pantoute! Ma fille ouvre un oeil, je suis semi-éveillée (pas lui!). Elle veut boire, je la prends avec moi dans le lit. Pas compliqué. Au lieu de ça, je devrais réveiller mon Homme, l’envoyer à la cuisine réchauffer le précieux liquide pendant que la puce s’égosille? Ce n’est tout simplement pas logique pour nous.

Je ne juge pas les mères qui décident de ne pas allaiter. Je juge leur entourage, par contre, car il y a eu lacune là! Il faut éclairer, montrer, soutenir, appuyer, aider, partager! Même fumeuse, même saoule, même tout ce que vous voudrez, une mère fait pour le mieux pour son enfant si elle l’allaite (évidemment que le tabagisme et l’alcoolisme entraînent d’autres problèmes, et je ne vous les recommande pas comme modes de vie! Mais il ne faut pas non plus culpabiliser les mères, elles en ont déjà assez sur le dos, merci! Allaiter sans culpabilité, j’sais pas, mais il me semble que ça fait du meilleur lait!). Bien sûr que dans certains cas (rares!), le lait dit maternisé, la foutue formule, est nécessaire. Il existe des raisons, médicales ou autres, de devoir opter pour la formule, mais elles sont rares (et dans ce cas, pas de culpabilité non plus: heureusement que la formule existe, youpi). Nous, humaines, sommes des mammifères femelles (et jolies avec ça!). Nos petits prennent le sein. C’est… sain! 😉 Ah, je pourrais en parler longtemps, de l’allaitement. C’est un peu un espace où ma fille et moi on se retrouve quelques fois par jour. Ça va, toi? Viens, on va se coller un peu. Et elle s’endort souvent collée contre moi, abandonnée, confiante. C’est magnifique!

Pour des renseignements éclairés sur l’allaitement (à bas les foutus mythes! De nombreuses infirmières ont beau être formées en allaitement, elles n’ont pas toujours la bonne attitude et il y a des moments (mettons après un accouchement…) où tout commentaire semi-déplacé et toute attitude un peu bête peut jeter à terre un projet d’allaitement pourtant solide. Attention à vous, mères et pères fatigués à qui on veut dire quoi faire et comment!), je vous recommande la lecture des feuillets du Dr Jack Newman.

Maintenant que ma fille a plus de neuf mois, j’utilise du lait de vache pour ses céréales. Elle s’en fiche, mais moi ça m’évite d’avoir recours au tire-lait. Pas que ça soit un problème, un tire-lait, mais l’appétit de la puce va croissant et pas mes temps libres, alors… bien pratique, la pinte de lait au frigo! (Mais ce qui fait tripper ma fille ces temps-ci, c’est plutôt le yogourt!)

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