Des problèmes des journaux

Deux petits extraits traduits de l’article The Crisis Facing American Journalism Did Not Start With the Internet par Jeremy Littau, qui explique que l’Internet n’est pas le seul, grand, unique coupable de l’agonie des journaux. (Un indice quant à la nature profonde du problème: un manque d’investissement depuis très très longtemps…)

Les entreprises d’information ont extrêmement mal évalué ce que représentait l’Internet. Malgré toutes nos nobles croyances sur le journalisme et la démocratie, les journaux existaient comme entreprises pour créer des auditoires pour les annonceurs qui voulaient atteindre ces personnes, et historiquement, les publications ont bâti ces auditoires en aidant les gens à obtenir l’information dont ils avaient besoin comme membres d’une collectivité ou d’une société. Nous mettons l’accent sur les actualités offertes par les journaux, mais les besoins à combler comprenaient des choses comme des guides de programmation télévisuelle, des avis de naissance et de décès et des calendriers d’événements communautaires. Dans le monde d’avant l’Internet, les journaux fonctionnaient comme des pseudo-monopoles fondés sur les limites de la technologie et la distance que pouvait parcourir un camion de livraison. La publication en ligne, à faible coût et à portée internationale, a tout changé. Ces besoins d’information pouvaient être comblés par une gamme d’options plus vaste et plus internationale. Le journal n’était plus le seul acteur en scène.
(…)
Cela ne s’est pas produit du jour au lendemain, mais tandis que les entreprises technologiques ont lentement remplacé les journaux dans leur rôle — pour les actualités, oui, mais aussi pour ces liens humains au quotidien pour lesquels nous dépendions auparavant des vieux médias — les revenus se sont mis à dégringoler jusqu’à tomber en chute libre durant la Grande Récession.

À lire en parallèle, Le Devoir parle ce matin des difficultés de la Presse canadienne. On y dit que «La PC reste méconnue aux yeux du public, mais le travail abattu par la cinquantaine de journalistes du volet francophone de la Canadian Press se retrouve partout. (…) Au Québec, la plupart des entreprises médiatiques (…) pigent dans son fil de presse constamment mis à jour.» Je suis surprise qu’on la dise méconnue: les articles le mentionnent toujours dès l’amorce quand ils viennent de la PC. Et aussi, depuis quelques années, les dépêches de la PC sont souvent publiées sans la moindre relecture, ni par la PC, ni par le média qui copie, colle, publie… Dommage.

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