Courir

Je lis souvent la même chose au sujet de la course à pied: il suffit d’enfiler shorts et souliers et de courir. Simple, non? Oui, simple, mais c’est une version masculine de la réalité (on est tellement habitués à vivre dans une réalité décrite au masculin qu’on ne s’en rend plus compte). Les shorts ne sont pas nécessaires. Le soutien-gorge de sport, lui, oui! Il suffit d’enfiler le bon soutien-gorge et des souliers, et de courir. Voilà.

L’automne passé, j’ai couru. J’ai été abasourdie de découvrir que j’aimais ça. Vraiment plus que surprise. Transformer mon 4 km de promenade du chien en course de 4 km (progressivement de plus en plus de course et moins de marche), ça a été ma plus grande joie nouvelle en 2018. Pendant presque trois semaines. Et mes genoux ont refusé de continuer, blessés. Ça a l’air que 4 km tous les jours pour commencer à courir à 43 ans, c’était trop. (En le lisant je trouve ça théoriquement évident, mais en le vivant avec des bouffées de bonheur, non, pas évident du tout!)

J’ai fini par me remettre de mon deuil intense et j’ai changé de chaussures pour mieux marcher et réhabiliter mes muscles. Je me suis acheté des Lems, des chaussures minimalistes tellement légères qu’en les enfilant je me sentais en apesanteur, mes pieds levaient de terre tout seuls. Elles sont larges, aussi, tellement que mes petits orteils sont en train de reprendre leur forme au lieu d’être triangulaires et écrasés.

En tout cas, la petite étincelle qui avait mis le feu à mon envie de courir, c’était… un article de Québec Science qui parlait de course extrême! La course extrême ne m’intéresse pas, pas plus que les marathons ou autres événements organisés, ni même courir avec autrui. Je suis bien toute seule avec ma chienne, je suis bien sans compétition, sans bidules, sans stastistiques. Mais l’article parlait aussi du fait que nous sommes faits pour courir, et ça a été réveiller quelque chose en moi. Je vous en cite des bouts (en vous invitant à le lire au complet), au cas!

Prenez le talon d’Achille. C’est un ressort très efficace pour courir, mais il n’apporte aucun bénéfice biomécanique pour la marche. Idem pour la cambrure du pied. […]

Nos orteils sont plus courts pour éviter de les briser en courant et nos jambes sont plus longues pour nous permettre de faire de grandes foulées. Et nous avons de grosses fesses. «?Le grand fessier, qui connecte les jambes au bassin, sert à stabiliser le corps, et on l’utilise seulement lorsque l’on court?» […]

«?Nous suons plus par unité de surface que n’importe quelle autre espèce, grâce à des glandes sudoripares qui n’ont pas d’équivalent dans le monde animal?», soutient David R. Carrier. Et contrairement à la plupart des animaux, nous n’avons presque pas de poils. «?De plus, alors que les quadrupèdes doivent respirer une fois par enjambée, car leurs poumons sont comprimés pendant la course, l’humain, bipède, peut respirer plus librement lorsqu’il court, favorisant l’apport d’oxygène dans le corps?», ajoute le biologiste. […]

«?Nous ne sommes génétiquement pas faits pour être sédentaires?», martèle Guy Thibault, directeur des sciences du sport à l’Institut national du sport du Québec. Et nul besoin de franchir des distances inimaginables pour bénéficier des effets de la course, car en plus d’améliorer le système musculo-squelettique, l’activité physique agit comme un antidépresseur, réduit le stress et facilite le sommeil.

Guillaume Roy, « Le corps, une machine conçue pour la course », Québec Science, septembre 2018.
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4 réponses à Courir

  1. Lyne Lavoie dit :

    Ouain ça a ben l’air qu’il faudrait que je m’y mette! Mais je vais commencer par la marche étant sédentaire depuis très,trop, longtemps!

  2. Campagnarde dit :

    Les chiens ont été ma bouée. Sans chiens ici je n’aurais jamais marché autant (c’est nono, je sais, mon appareil photo aurait pu faire le même travail, mais non!). Et j’ai marché 9 ans presque chaque jour avant d’avoir même un peu envie de courir!

    (Prochain défi, dépoussiérer mon vélo. Ça fait deux été qui passent sans qu’il sorte du terrain, alors que je dis vouloir m’y mettre. Voyons cocotte, il n’en tient qu’à toi! Mais pour ça je réalise que j’ai un problème d’ego. À 6, 7, 8 ans, j’allais partout à vélo, un vélo simplissime, sans vitesse, avec le frein en pédalant vers l’arrière. Je me rendais au lac à 2-3 km de chez moi, avec une côte épouvantable à monter. C’est niaiseux, mais je suis telllllement moins en forme qu’à cet âge-là que j’ai super honte et je bouge pas! Évidement il suffirait de le faire pour changer ça. Cette année… peut-être! En fait ça serait un bon moment: y a un aménagement de piste cyclable sur un superbe rang ici cette année. Ben tsé, si y peut arrêter de NEIGER! C’est blanc chez toi ce matin Lyne? Ici oui! De moins en moins, soit, mais… !!!)

  3. Lyne Lavoie dit :

    C’était blanc ce matin mais ne reste plus trace de rien. On aime mieux çà hein? La pompe de puisard part maintenant aux 20 minutes plutôt qu’aux 5 . Et l’eau ne suinte plus qu’à peine du bas du solage. Ouf! La rivière a baissé pas mal de sorte que notre quai repose sur le sol du 1er plateau où mon Homme et mon fils l’avaient remonté à l’automne.

  4. Campagnarde dit :

    Ici la pompe ne pompe plus, enfin. Elle partait aux 20 secondes il y a deux semaines (!). La nouvelle neige a disparu, mais il en reste en masse dans le bois.

    L’étang et le jardin d’eau n’ont pas encore calé, et j’ai une rainette solitaire qui tente de séduire les autres le soir, mais… en solo depuis le 23 avril, pauvre petite!

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