Corneille, ma noire

Corneille, ma noire
corneille qui me saoules
opaque et envoûtante (…)

J’ai un ami, une amie corneille. Du moins je le crois, car elle vient manger le suif chez moi, et je lui parle et j’empêche qu’on la dérange. Ça a bonne mémoire, une corneille, et ça sait reconnaître les visages humains (c’est mieux que vice versa, car je ne peux pas affirmer avoir une seule amie…). Je lui parle, elle me regarde, et elle mange. C’est un bon début.

(…)

Avec l’alcool des chaleurs nouvelles
la peau s’écarquille et tu me rends
bric-à-brac sur mon aire sauvage et fou braque
dans tous les coins et recoins de moi-même
j’ai mille animaux et plantes par la tête
mon sang dans l’air remue comme une haleine

Corneille, ma noire
jusqu’en ma moelle

(…)

— Gaston Miron, La Corneille (dans L’homme rapaillé)
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2 réponses à Corneille, ma noire

  1. Lyne Lavoie dit :

    Je nourris 3 corneilles depuis quelques années. J’imagine que c’est toujours les mêmes. Je les appelle les grosses poules. Cette année je n’ai pas vu de jeunes,contrairement aux autres étés.

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