Bonheur de paresseuse

On me l’a déjà dit: rien de plus facile que de trouver un cadeau pour moi! J’aime dans toutes les directions, et mes proches le savent. Beaucoup plus difficile de me donner un livre, par contre! Il faudra faire preuve d’astuce et (d’espièglerie, c’est Candy, Ca-a-an-dy… mais non, que dis-je encore?) de ruse pour fouiner dans ma bibliothèque sans que je le sache, ou mettre l’Homme dans le coup (mais encore là, l’Homme répond que non, impossible: sa blonde est une maniaque de la précommande, et si elle sait qu’un livre sera publié dans trois ans, elle a déjà réservé son exemplaire, c’est clair…). Or, pour Noël, l’Homme lui-même a réussi à me surprendre. D’aplomb! Il a réussi à m’offrir non pas le prochain livre que j’entendais acheter… mais les deux prochains, ceux dont je rêvais activement! Comme quoi un homme peut se donner l’air de rien, tout en prenant des notes (je parle de tant de choses et de tant de livres que mon ébahissement demeure, qu’il ne s’inquiète pas!)!

Pourquoi ces livres-là en particulier? À cause de leur auteur! Côté chien, je vous ai déjà parlé et reparlé de mon gourou, Cesar Millan. Eh bien Larry Hodgson, le jardinier paresseux, est mon gourou du jardinage! Au lieu de me faire peur, il m’apaise. Au lieu de le lire en voyant les signes de dollars que je devrai dépenser s’aligner, je me vois plutôt biffer la majorité des éléments d’une hypothétique liste à faire au jardin et à acheter pour jardiner! Il rejoint Cesar de bien des façons pour moi: il illumine l’évidence et rejette les fausses croyances, tout simplement! Et en jardinage, les mythes et les croyances ont la vie dure, très dure. À lire les magazines et les bouquins, on croirait d’ailleurs que si tant de gens aiment jardiner, c’est parce qu’ils aiment se compliquer la vie, et ils se la compliquent allègrement. Rien de tout ça avec monsieur Hodgson! Oublions les engrais, parlons compost. Oublions (amen!) la notion de jardin propre! (Amen, vraiment! C’est ma mère qui ne sera pas contente…) On ne ramasse pas les tailles de gazon (j’ai appris avec joie que j’ai déjà une pelouse de paresseux: une pelouse non entretenue, non soignée, composée de toutes sortes de plantes et… temporaire!), on ne jette pas les feuilles mortes (on les déchiquette pour avoir un bon paillis), on ne coupe pas les fleurs ou les tiges fanées (elle abritent des insectes bénéfiques, qui ne se renouvellent pas aussi vite que les prédateurs, et serviront aux oiseaux en hiver), on ne fait pas le ménage à l’automne (on le fait au printemps, au besoin, mais en laissant au pied des plantes les trucs coupés qui deviendront compost)! On n’arrache rien au potager, on respecte le sol. On oublie le motoculteur de la mort! On peut aussi oublier les notions de compagnonage (complexes et sans résultats visibles), mais on fait la rotation des cultures et on explose le potager en plantant des légumes aussi dans les plates-bandes. Quand une plante cause des soucis… on s’en débarasse!

J’ai ainsi compris que si nos plates-bandes se sont si bien comportées l’an dernier… c’est justement qu’aucun humain ne s’en était occupées depuis deux années! Et quel bonheur d’avoir accès à une vaste expérience de jardinage par quelqu’un d’aussi terre-à-terre! C’est comme avoir un grand-père idéal (quoique trrrrès jeune!): il transmet son savoir et y va de quelques anecdotes marrantes, mais sans dériver! Des décennies de travail (léger, puisqu’il faut paresser!) et d’expérience mises à la disposition du lecteur-jardinier. Si j’avais connu le grand manitou l’an dernier, que d’erreurs je n’aurais pas commises! Les gourmands sur les tomates? On les laisse, maman! La belle terre noire de mon jardin? Pleine d’herbes indésirables, tonton Larry l’avait prédit! Les sillons que j’ai préparés au potager, les installant trop près les uns des autres? J’ai tiré meilleur parti de mon espace, oui, mais mes sillons n’étaient pas requis! Les haricots nains? On les oublie et on les remplace par des haricots grimpants qui ne seront pas tous à récolter la même journée! La laitue qui monte en graines? On plante plutôt de la laitue romaine!

J’ai dévoré Le Potager une première fois, mais je sais déjà que ce sera l’ouvrage auquel je reviendrai le plus souvent du printemps à l’automne. Les 1500 trucs du jardinier paresseux, je suis en train de passer à travers. Oui, il y a des répétitions entre les deux, forcément, mais comme le premier est mince, ce sera mon ouvrage-outil, et l’autre, mon ouvrage de référence. Seul hic avec ces deux livres… la relecture. J’adore les publications de Broquet, mais certaines, comme ces titres (surtout les 1500 trucs) sont publiées trop rapidement, et manifestement sans une bonne relecture. Alors… je lis avec un crayon à portée de la main, et mes livres à moi sont corrigés à mesure… mais si jamais monsieur Hodgson lit ceci, qu’il se le tienne pour dit: pour un exemplaire et quelques mots gentils, tout ce qu’il écrit, je le relis, promis! (Euh… oui, c’est offrir mes services à rabais, mais la faveur du gourou, ça vaut quoi, vous pensez? Beaucoup!)

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9 réponses à Bonheur de paresseuse

  1. Manon dit :

    J’adore Larry moi aussi!

    J’ai à la maison quelques-un de ses livres, dont celui sur les Jardins d’ombre.

    Mon terrain est un sous-bois, j’aime bien faire des essai, mais j’aime aussi avoir quelques tuyaux à l’occasion ; ) D’autant plus que les échanges de plante (moins de $) pour les endroits ombragés sont difficiles à faire, les gens ont généralement des plate-bande au soleil!!!

    J’ai aussi Le potager, nous nous en inspirons beaucoup à la maison.

    • vieux bandit dit :

      Ah, le jardin d’ombre! Avec les fines herbes, ce seront mes prochains!

      Mon terrain est surtout très dégagé, sauf en avant (ça fait mon affaire: je ne voulais pas une maison « sur » la rue!). En avant, j’ai quelques plates-bandes, un petit jardin d’eau et de nombreux conifères matures. Sous eux, rien! (Ben, des aiguilles tombées…) Attends que j’aie le temps (et que la neige fonde…) et je te me vais utiliser la méthode du paresseux pour implanter des hostas, moi! (Je fais un gros trip de hostas, et si ça passe pas on finira par n’avoir que ça!)

      Alors d’ici 5 ou 10 ans… je pourrai échanger moi aussi!

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