Ça s’appelait prématernelle

J’ai été à la (pré)maternelle à 4 ans, moi, sans qu’on me demande mon avis. À l’époque, c’était une demi-journée, ce qui correspond aux capacités d’enfants aussi jeunes. Ce qui signifiait que je passais 90 minutes dans un autobus scolaire 5 fois par semaine (ce serait exactement la même durée de transport/perte de temps pour mes enfants). Je m’endormais systématiquement dans le bus le matin. Je m’emmerdais systématiquement quand on voulait forcer une sieste en mi-matinée. Je me souviens de plein d’activités, de la cuisinette en plastique que j’adorais, de comptines sur Jésus et des petits chats.

Mais je me souviens aussi que ce que j’aurais voulu, c’était rester chez moi et profiter encore de ma liberté. (Oui je pensais comme ça à 4 ans, parce que j’avais toujours été très libre – je pense souvent aux tortues qui grossissent selon la taille de leur aquarium; mon espace était gigantesque.)

Il y a des avantages aux maternelles 4 ans. Pour le ministre (parce que lui, il a toujours raison, et il ne fléchit jamais, puisqu’il a raison, peu importe qu’il ne consulte personne, il a raison). Pour les parents (moins cher qu’un CPE, et même endroit que la fratrie, facile). Mais pas nécessairement pour (tous) les enfants.

Un détail

Dans ce texte d’Yves Boisvert, qui parle de la crue et des innondations actuelles, un détail vraiment important, qui échappe souvent aux citadins: les conseils municipaux et les maires et mairesses des petites municipalités… ne travaillent pas à ce titre à temps plein. Généralement, sans situation d’urgence, je veux dire. Ils gagnent bien souvent, tout bien compté (réunions, comités, préparation, etc.), bien moins que le salaire minimum, comme maire ou conseillère. On les voit se dévouer dans leurs municipalités respectives; c’est fantastique. C’est aussi du bénévolat (avec perte de revenus d’emploi, en plus) dans bien des cas…

Voyons donc!

Heille c’est quoi ce crachat de Marie-Claude Lortie dans un article ne parlant pas de la réalité rurale du tout, qui se termine avec un « Est-ce que le boycottage [de Facebook] est l’unique solution? Déménager à la campagne et tourner le dos à tout ce qui est réseau?» La ville qui crache sur la région par mépris ordinaire, je dirai, pour citer l’autrice que… «ça fera», oui.

Oui, «On a tous besoin d’avoir ensemble, comme internautes, comme citoyens et consommateurs, une sérieuse discussion sur des solutions réalistes»; c’est quoi alors, l’idée d’exclure d’emblée les Québécois qui ne vivent pas en ville? Du petit mépris ordinaire. Ça part ben mal une discussion.

Je ne suis pas la seule à dire qu’il ment (c’est flagrant)

Tout ce qu’écrit Julie Roux dans le billet dont voici un extrait est VRAI, et prouvé.

Vous savez M. Roberge, il est bien plus facile pour un parent d’aller porter le matin son enfant à l’école et d’aller le rechercher le soir que de veiller au grain toute la journée, de mettre de côté sa carrière, de piger dans ses économies, de faire face aux préjugés (que vous contribuez d’ailleurs à alimenter), de planifier, de défrayer tous les coûts relatifs au matériel, aux abonnements, aux sorties.  Sans oublier tout l’aspect bureaucratique auquel nous sommes déjà soumis depuis juillet 2018.  C’est d’ailleurs ici au Québec qu’on retrouve les mesures les plus restrictives en matière d’éducation à domicile.  Nous devons déjà soumettre un avis, un projet d’apprentissage, un bilan de mi-parcours, un état de situation, un bilan final, nous prêter à une rencontre avec le ministère et à une évaluation de la progression de l’enfant dans les 7 matières suivantes: français, mathématique, langue seconde, science et technologie, arts, développement de la personne et univers social. Je vous le répète pour être certaine que vous le compreniez enfin.  Si dans un tel contexte, avec toutes les mesures déjà en place, il subsiste quelconque négligence, et bien c’est du ressort du Directeur de la protection de la jeunesse (dpj), pas des examens ministériels ni du programme imposé.

Julie Roux, M. Roberge, le temps est venu de dire la vérité, Mamanszen.com

Mesurer le temps qui passe

Ça fait quand même longtemps que je suis belle-mère; le petit Coco que j’ai rencontré quand il avait quatre ans… est devenu un jeune homme qui nous appelle du travail pour nous dire que les conditions routières sont atroces et que si on n’a pas à sortir, on devrait rester à la maison. Attends, c’était pas mon rôle ça, y a pas longtemps? 😉