Amis canins

Mais non, il n’y a pas de miroir sur les chemins de campagne! Si Tango s’en va par là, c’est que son ami vient par ici! Cet ami-là, Monsieur le Chien (ça ne s’invente pas), est un autre labrador noir qui vit pas loin (un labrador pas mal plus haut sur pattes que le mien!). Et son frère à lui vit aussi pas loin… mais de l’autre côté. Un autre ami pour mon toutou. Il ya aussi Ginger la jolie boxeuse (ben quoi, c’est une femelle) et sa copine la terrière bostonne (aussi…), et le beau Domino à la ferme. Il y a Malu le Malamute qui vit avec Monsieur (le Chien). Et il y a les autres, le chien de M’sieur X, toujours attaché et de plus en plus frustré de ne pas pouvoir jouer avec Tango, et Skimo le husky qui vit avec un grand chien des Pyrénées qui aimerait beaucoup attirer Tango pour faire joujou. Il y a même des visiteurs impromptus, comme ces deux bergers allemands (l’un étant… une bergère allemande) qui sont venus faire le tour du terrain et de la maison par trois fois récemment, ce qui a fait réagir Tango, resté à l’intérieur (Mais! Mais! Mais! C’est MON terrain!).

Ville, banlieue, campagne, évidemment, il y a des chiens. Cependant, ces trois milieux ont chacun leur(s) culture(s) canine(s)! En ville, les gens promènent leur chien et jasent, les mènent au parc à chiens et font des rencontres (génial pour les célibataires). En banlieue… moins. Les gens ont plutôt tendance (c’est mon observation et celle d’amis) à promener leur chien de façon isolée, et à le ramener à eux si un autre s’approche (ce qui va facilement et rapidement mener à une certaine angoisse chez le pauvre chien, m’enfin) ou même si un humain vient à passer. À la campagne, peu de promeneurs (et ça c’est vraiment dommage, surtout si le chien n’a pas comme tel de travail à faire). Certains chiens sont attachés (quand c’est en quasi-permanence, je me demande pourquoi les gens ont un chien…), d’autres en liberté totale (généralement ceux qui restent volontairement chez eux!). Tango, lui, a une vie rare à la campagne: il vit avec nous à l’intérieur comme un chien de ville, mais il sort dès que nous sortons, peu importe la raison. Fendre du bois, chercher le courier, désherber le potager? Tango est de la partie.

Au départ, les chiens libres me faisaient peur. Je ne les connaissais pas, et je ne connaissais pas encore Tango: comment allait-il réagir? Et puis il y a les maîtres inconnus qui peuvent aussi avoir des réactions saugrenues. Le beau Monsieur? J’en ai eu peur pendant des mois! (Ah, au fait, on a su son nom lors de notre toute première promenade. L’Homme, Tango et moi marchions, quand un chien noir s’est lancé vers nous. Un instant plus tard surgissait de la maison un homme qui s’est mis à crier (enfin, parler fort): Monsieur! Sur le terrain tout de suite! Monsieur! Et mon pauvre Homme de se demander brièvement s’il devait ou non obéir à l’inconnu!)) Et cette peur venait toute de moi. À preuve, Monsieur et moi sommes maintenant de grands amis. Tango et moi arrivons devant chez lui, il sort et se précipite… sur moi! J’envoie Tango jouer avec le malamute, et Monsieur s’assoit près de moi pour notre séance quotidienne de caresses!

Autre preuve, celle-là que je progresse dans ma compréhension de la psychologie canine: l’autre matin, Malu le malamute, qui n’a pas un an (et est vraiment, mais alors là vraiment magnifique), était détaché. C’est parfait pour jouer, mais quand j’ai voulu poursuivre la promenade, il a voulu nous accompagner (d’habitude il est attaché, et Monsieur comprend que la promenade n’est pas la sienne, et nous regarde partir, tout simplement). S’il avait voulu rester près de nous, pas de problème, je l’aurais promené et ramené. Mais non: en bon chien de traîneau, Malu s’en allait loin devant, en pleine route (pas du tout passante, mais quand même!). Tango et Monsieur restaient avec moi, visiblement conscients que Malu ne se comportait pas comme il l’aurait dû. Que faire pour ramener ce chien qui se pousse loin devant? On utilise la psychologie de la meute! J’ai dit aux labradors de me suivre, et j’ai couru un peu… dans la direction opposée. Malu est arrivé au galop: il s’était pris pour le meneur, mais si toute la meute part de l’autre côté, il n’est pas fou, il réévalue et estime (avec raison!) qu’il vaut mieux pour lui revenir. Pour enfin le laisser chez lui, j’ai glissé l’anneau de sa laisse dans l’anneau de sa chaîne (légère, ne vous en faites pas). Il n’était pas vraiment attaché, mais il a cru l’être assez longtemps pour demeurer en sécurité. Ha!

De façon générale, je dirais que les chiens de campagne sont plus équilibrés. Bon, c’est facile, ils ont plus d’espace. Ils ont souvent aussi des compagnons canins, ce qui est fort important pour un animal de meute. Ils ont aussi surtout un travail à faire (pour Tango, il s’agit surtout de ses migrations quotidiennes), que ce soit garder d’autres animaux ou un terrain, etc. Mais surtout, ils ont pour maîtres et compagnons des gens qui les traitent en chiens, pas en bébés, pas en humains, qui comprennent d’instinct qu’il faut dire au chien quoi faire, que ce n’est pas là tyrannie mais réponse à un besoin. Ah, et ils sont plus gros, souvent! Pas obèses, là, non: de plus grandes races. Et moi les grands chiens… j’aime ça! Seul problème: il faut faire attention à vos genoux. Hein? Mais oui, les genoux: quand Tango joue avec un de ses copains, ça donne souvent plus de cent kilos qui se déplacent rapidement, qui tombent, se relèvent et… menacent vos genoux!

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