Tango et la paix

Notre Tango, notre tout doux labradoux, repose maintenant sous terre. J’ai souvent parlé de lui ici. C’est qu’il est devenu campagnard un jour après nous, ce chien parti de la banlieue, qui a fait un séjour en ville puis un autre séjour en banlieue avant d’arriver à destination, pour devenir toutou en chef dans notre maison. Ce n’est pas non plus un hasard si deux des photos ici le montrent accompagné de Marc-Henri: nous avons eu la très grande chance d’avoir un chien qui vieillit en douceur, qui jamais n’a montré la moindre impatience envers les enfants, même quand ils lui grimpaient dessus, même quand ils exploraient ses pattes et ses oreilles.
Les derniers mois, son corps s’était mis à le lâcher, petit à petit. Dans les tableaux qui donnent l’âge des chiens en années d’humains, ne cherchez pas les grands chiens de plus de 14 ans: ils seraient plus que centenaires. Il ne voyait plus bien, n’entendait plus bien (mais se servait à merveille de son odorat pour compenser). Il devenait confus, il craignait de tomber (pour être tombé trop souvent). Articulations, organes, tout se déglinguait petit à petit. À la fin il nous réveillait la nuit pour sortir ou pour avoir de l’attention, pour qu’on replace ses pattes mieux sur son coussin. Pourtant il a fait ses deux promenades quotidiennes (raccourcies, pas le choix, et plus lentes) jusqu’à son dernier matin.
J’ai dû prendre la décision pour lui (c’est ce qui est dur: ce choix… pour autrui).