Ketchup vert

Et qu’est-ce qu’on fait avec un potager spontané? Voici le hic: les tomates sont si touffues qu’elles n’ont pas l’air que ça prendrait pour qu’elle smûrissent à la perfection. Elles passent plutôt du vert au brunâtre absolument pas appétissant. Quand j’ai compris ça, il était déjà un peu tard, et j’en avais perdu probablement la moitié (ha, on verra bien si perdu est perdu: je pense plutôt que je vais avoir un potager spontané de deuxième année l’année prochaine, dans le beau fumier de poules encore mieux composté!). Qu’à cela ne tienne: j’en ai rapidement cueilli 28 tasses. Vingt-huit tasses de tomates gratuites, qui ont poussé sans que je lève le petit doigt!
J’ai trouvé cette recette qui m’a plue parce qu’on obtient un ketchup liquide ou presque (et pas un truc à allure de salsa) en utilisant des pommes pour leur pectine. Aussi parce que je voulais conserver les tomates vertes sans détour par l’épicerie, et que la recette n’exige que des oignons en plus, soit la moitié de la quantité des tomates. J’ai adapté la recette pour ma quantité de tomates.

  • 28 tasses de tomates vertes, hachées
  • 14 tasses d’oignons, hachés
  • 1/2 tasse de gros sel
  • 7 tasses de pommes, en morceaux
  • 2-2/3 tasses d’eau
  • 1/2 tasse d’épices à marinades
  • 1-1/3 tasse de vinaigre de cidre (et de malt: je manquais de vinaigre de cidre!)
  • 1-1/3 tasse devinaigre blanc
  • 1-1/3 tasse de sucre
  • 1-1/3 tasse de cassonade

J’ai choisi de hacher mes légumes au robot, ce qui

Potager spontané

Prenez une volière à poules désaffectée après un été d’utilisation, dont la structure a cédé sous la neige de l’hiver. Soyez trop occupés pour en faire quoique ce soit au printemps.Laissez passer l’été. Un été froid, pluvieux, au printemps innondé et prolongé. Un été qui déçoit un peu côté potager.
Qu’est-ce que vous obtenez? Un potager spontané. Amaranthe, tomatilles et toutes sortes de tomates qui poussent gaiement, sans aide ni effort. Des plants qui s’appuient les uns sur les autres, sans tuteur.
J’en ai sautillé de joie depuis deux mois! Évidemment, y a un mini-secret: il faut avoir offert aux poules, l’été d’avant, tout ce qui aurait auparavant été composté directement. C’est ce qu’on fait depuis le début, hourra!

Défi de septembre: tartinade de prunes de Damas

Le défi de septembre concerne le beurre de fruits («tartinade de fruits» serait une meilleure traduction, mais «beurre de fruits» semble plus utilisé… ce qui n’en fait pas un bon terme! d’où mon choix pour le titre!). (Oui j’ai sauté quelques défis, mais j’y reviendrai: je n’avais simplement pas le temps ces mois-là!) Et ma mère m’a rapporté du bas du fleuve un panier de prunes de Damas, toute petites et oh combien succulentes.
J’en ai tiré un essai de tartinade de fruits… à la mijoteuse. J’ai utilisé cette recette-là, en la modifiant à peine. Voyez d’abord le format des prunes de Damas (comme un gros raisin vert) comparativement à celui d’une prune italienne venue du prunier de ma mère à Montréal:
J’avais 2,5 kg de prunes. Pour les dénoyauter, vu leur taille minuscule, j’ai fait le plus facile: je les ai défaites à la main directement dans la mijoteuse. J’ai ajouté 30 ml d’eau et j’ai fait cuire à température élevée pendant environ 3 heures. J’ai ensuite réduit le tout en purée à l’aide d’un pied mélangeur. Ensuite j’ai laissé cuire une dizaine d’heures à basse température, en ayant soin d’insérer une baguette de bois pour que le couvercle ne soit pas entièrement fermé, mais laisse sortir la vapeur. J’ai opté pour une texture assez liquide en apparence, mais qui nappait ma cuiller de bois sans vouloir s’en détacher jamais (ou enfin…).
Puis j’ai ajouté une tasse de cassonnade, 1/2 cuillerée à thé de cannelle et le jus

Belle dame

C’est apparemment le papillon le plus répandu au monde: la belle dame (Vanessa cardui, painted lady). Répandu, soit, mais pas si fréquent au Canada, où on ne le voit pas souvent en grandes quantités, mais parfois oui, par cycles (mon livre sur les insectes de l’Ontario parle d’un cycle de dix ans, leur présence accrue pouvant parfois durer deux ou trois saisons, mais ce que je trouve en ligne est moins catégorique). Chez nous en ce moment, on compte les balles dames par centaines. Ma fille, courant le long de ma haie d’orpins, en a fait lever des dizaines, c’était magnifique!
Avec la photo ci-dessus et ce document de référence, j’ai pu confirmer mon identification de la belle dame.
Mâles et femelles sont identiques… donc pour nous (ma fille et moi) il s’agit toujours de daaaaaames! 😉
Bon, les larves peuvent causer des dommages à certaines cultures (le soya notamment). Elles ne sont pas encore considérées comme nuisibles au Canada (contrairement aux États-Unis où elles font des ravages). Évidemment chez moi, pas de problème: les papillons, on aiiiiiiiiime ça! (Vivants, hein. J’ai jamais compris l’envie d’épingler un être vivant pour le mettre sur un mur.)
Elle aime le nectar de fleurs composées qui sont à un à deux mètres du sol, lis-je… et ça correspond à ce que je vois et aux photos que je vous montre aujourd’hui, de l’origan aux menthes en passant par les chardons et l’achillée millefeuilles.
L’espèce n’est pas du tout en danger.

Limace

En général, j’aime pas mal tout ce qui est vivant. En témoignent les toiles d’araignées chez nous, qui ne sont pas un symptôme de paresse, mais de laisser être (de temps en temps je me tanne, et les arachnides doivent reconstruire; je n’ai eu aucune plainte encore). En témoignent aussi les insectes que je repêche des flaques, verres et espaces aquatiques pour les enfants. Et les écureuils que je trouve quand même plutôt sympathiques. Bon y a les criocères (je n’ai plus de lys, je n’en vois plus) et les doryphores (rien sur les pommes de terre, ou presque, mais les cerises de terre et les tomatilles mangent toute une claque) qui me plaisent fichtrement moins, j’avoue. Mais les limaces? Ouan. Chu pas sûre, les limaces. Rien contre les palourdes, les huîtres et les escargots, d’autres mollusques, mais les limaces… (c’est pas que je les tue, ou que je leur souhaite du mal, là, mais… euh… ouache?)
Dès que je pense à ce mot-là je pense à la côte Ouest, que je n’ai jamais visitée, mais qu’un ami avait parcourue à vélo. Sa description des limaces géantes (non: gé-an-tes) continue de me traumatiser presque 20 ans plus tard. La bonne nouvelle c’est que j’ai très peu de problèmes avec les limaces au jardin. Bon, elles ont tué des boutures de chèvrefeuille (j’en ai refait d’autres et je les laisse pousser avant de les mettre en terre) et j’ai parfois dû en chasser de mes jeunes asperges, mais

Changement de plan

Je prévoyais intervenir très peu dans mon ruisseau d’ail. Le plan a changé subitement quand j’ai vu une belle tête de bulbilles brune et sèche commencer à se défaire en lâchant ses bulbilles… à côté du ruisseau, dans le gazon! C’est pas que l’expansion me dérange: c’est qu’on risque de tondre mon futur ail, si jamais il réussit à s’implanter dans un sol aussi dur. Que nenni! Pas d’affaire! No way! Alors j’ai… j’ai tout récolté.
Regardez-moi ça! Chaque tête est remplie de bulbilles qui ont le potentiel, dans deux ou trois, de devenir gros bulbe d’ail charnu et juteux! Pour le moment, je laisse tout sécher un peu, pour que les têtes se défassent facilement. Ensuite je vais désherber et dépailler le ruisseau, répandre les graines et les couvrir de compost avant de repailler. Du moins est-ce là le nouveau plan.
Juste en cueillant, ça sentait l’ail et j’avais envie de croquer. Miam miam miam! Bien hâte de voir ce que ça peut donner. Et je risque de ne pas me limiter à cet emplacement-là, tant qu’à faire. Héhé! (Lyne, je t’en poste très bientôt: prévois un petit espace, parce que toi aussi tu vas tester ça dès cette année! yé!)

Pas l’automne, mais…

Je le sais que je suis gossante avec ça, mais ça m’énerve qu’on associe rentrée scolaire et automne. La rentrée n’est qu’un moment choisi de manière plutôt arbitraire, qui prive les enfants du plus beau mois de l’été, bien souvent! Et cet été, c’est vraiment le cas chez nous: après des mois de pluie et de fraîcheur, on a enfin un peu de chaleur, et les cosmos ouvrent maintenant — oui, presque mi-septembre! D’ailleur regardez, c’est bien encore l’été:
Ah mais… faut regarder vers le haut, hein, j’avoue…
Y a comme des érables qui ont pris de l’avance, là. Si si, de l’avance! J’insiste!
Bon, d’accord… cette lumière-là, foi de photographe, commence à sentir l’automne:
C’est magnifique, l’automne. J’adore l’automne. C’est juste que… j’aurais bien aimé me baigner cet été. Enfourcher mon vélo. Zoup, le temps a filé entre mes doigts, de projet en bambin, de rénovation en fillette. Pourtant ce temps se mesure. Tango a plus de quatorze ans et demi, et il a de plus en plus de difficultés. Esteban aussi a pris un coup de vieux terrible. C’est… pas facile.
Après les déluges du printemps et les déluges de l’été… cette année, jamais la forêt ne s’est asséchée. À la moindre ondée, tout redevient boue. La montagne derrière est encore saturée, gorgée d’eau. C’est la première fois qu’on voit ça ici en neuf étés.
J’ai beau m’accrocher, les signes ne trompent pas, et les érables essaient de me faire voir que la saison achève.
Même les chênes

Confiture d’argousier

Nous avons récemment eu le privilège de recevoir en cadeau une belle quantité de branches d’argousier (Hippophae rhamnoides, sea buckthorn) de Russie (le type d’argousier, là, pas sa provenance directe, qui est mauricienne et trrrrès locale pour nous!). Les baies poussent directement sur les branches. Or les baies, crues, sont absolument immangeables (non, vraiment!), contiennent un pépin énorme, et cachent des épines épouvantables et douloureuses le long de la branche. Ces baies, je l’ai constaté, ne veulent pas être mangées!Y a un truc, pourtant: congeler les branches. Après, on les frappe et les baies s’en détachent. Du moins c’est ce que nous a appris un ami qui s’y connaît… quand l’Homme achevait justement de passer des heures à libérer les belles baies une à une (c’est telllllement nous, ça!)! N’empêche que j’ai fini avec un bol énorme contenant 2,6 kg de baies. Des baies pratiquement non comestibles crues et à gros pépin, je le rappelle. Je me suis donc dit que pour conserver tout ça j’avais deux choix: la gelée, qui récupère le jus et élimine les pépins, mais qu’on n’aura jamais envie de manger ici (je le sais: j’ai plein de pots de toutes sortes de gelées, non mangées!), ou la confiture… et évidemment j’ai choisi la confiture, parce que je savais que je pouvais compter sur mon moulin Roma, hourra!
J’ai commencé par faire bouillir les baies, avec juste assez d’eau pour les couvrir, pendant 20 minutes. J’ai laissé refroidir avant de passer au

Colibris 2017

Mai à septembre, voilà les mois où nous avons le bonheur d’avoir ces petits visiteurs. On a une drôle de saison pour 2017, côté jardinage, mais les colibris à gorge rubis sont encore ici pour quelques jours ou semaines, comme d’habitude.

J’avais réuni ces quelques images plus tôt cet été… et j’avais oublié le brouillon de ce billet, comme tant d’autres qui attendent.
Je vais de ce pas remplir encore, probablement une dernière fois, le nouvel abreuvoir acheté cette année, un tube à plusieurs fausses fleurs, qui doit être absolument au niveau pour ne pas laisser oculer son nectar partout, mais qui fonctionne bien une fois l’équilibre atteint.

Un ruisseau d’ail

Si vous jardinez et que vous faites pousser de l’ail, vous le savez: c’est assez facile, il suffit de planter des caïeux bien dodus à l’automne et votre ail poussera au printemps. Il suffira de casser la tige florale pour que la plante se concentre sur son bulbe souterrain, que vous pourrez récolter au milieu de l’été, et d’ici là, la fleurette vous rendra sans doute fou de joie. C’est la façon classique pour avoir de l’ail (à tige dure, vu notre climat) au potager au Québec. D’ailleurs hâtez-vous si vous devez trouver pour l’automne votre ail à semer: ça presse un peu.Il y a trois ans, chez moi, j’avais planté mon ail dans un nouveau lit, que j’appelle ruisseau parce qu’il est tout en long mais arrondi aussi. C’est que nos trois mélèzes abattus pour cause de grands pics et d’insectes/maladies ont été débités et, en bûches, redisposés par terre pour former de tout simples lits de culture. On a mis dedans, pour les remplir, ce qu’on pouvait. Et voilà: le terreau faisait dur pas mal. Résultat, le printemps suivant, l’ail qui y a poussé était tout petit, rachitique et, pire… quand est venu le temps de le récolter, ses tiges avaient déjà tant séché qu’elles avaient en grande partie disparu.
Qu’est-ce qu’on fait dans ce temps-là? Vous, je sais pas. Moi? Aaaaaaaaaaarien. On laisse ça là, on achète de l’ail à planter ailleurs et à manger pour l’année, et on oublie la chose. L’an passé

Arctiide de l’asclépiade

Je l’ai vue parce qu’elle était à la hauteur de la tête de ma fille: une chenille velue, colorée, sur (puis sous) une feuille d’asclépiade.

Et pour l’identifier, c’était la clef: non pas la couleur ou le poil, mais l’asclépiade. C’est une arctiide de l’asclépiade (Euchaetes egle, milkweed tussock caterpillar ou milkweed tiger moth).

Le lendemain, cette feuille avait entièrement disparu.

Pour des photos du papillon de nuit que devient cette chenille, je vous envoie ici.
Je la trouve fort jolie, cette chenille. Mais en même temps elle me donne envie de dire à l’Homme de ramoner la cheminée, allez comprendre! 😉



Cette année, je n’arrive plus à écrire ici en phase avec ce que je vois et photographie et découvre et apprend et déguste. Je n’arrive plus non plus à parler de tout ce que je fais. Car bien sûr je n’ai ni arrêté ni ralenti mon allure. Mais voilà: ce qui déborde du chaudron, c’est ce blogue que j’aime et qui me plaît, mon espace pour parler toute seule et m’écouter me parler à moi-même (je le dis souvent? c’est pas grave, personne ne lit ni ne le dit, ha!). J’ai plein de photos à mettre en mots pour [vous] en jaser, plein de projets en cours, plein de blablas et de réflexions… mais le temps, le temps… Le temps manque. Parce qu’à mon emploi s’est ajouté celui de l’Homme, parce qu’à ma fille s’est ajouté un bambin allumé (et siiii mignon!) qui comprend