Stellaire à feuilles de graminée

Voici une très jolie fleur sauvage que je n’avais jamais remarquée avant, la stellaire à feuilles de graminée (Stellaria graminea, Grass-leaved starwort).

Le très utile site Flore du Québec (très utile quand on souhaite identifier une plante sauvage par sa fleur!) m’apprend deux faits à retenir à son sujet:

Cette jolie petite fleur semble garni de dix pétales, en réalité ils ne sont que cinq divisés en deux.
Cette fleur est protérandre, c-à-d quelle est d’abord mâle puis devient ensuite femelle.

Protérandre?:

Se dit d’une fleur (ou d’une espèce) où les étamines sont à maturité avant les pistils, sur la même plante.

Et ici:

Un organisme protérandre est un organisme hermaphrodite qui est d’abord mâle, puis femelle ; à l’inverse d’un organisme protérogyne.

C’est bien intéressant, tout ça…
Et je la trouve effectivement très jolie…
J’ai juste un petit problème avec la stellaire à feuilles de graminée, moi… c’est que… ça, c’est mon lit de canneberges:
Oui, de canneberges! Et de viola, mais derrière le chiendent et la stellaire j’ai de très jolis plants de canneberge que j’aimerais bien… revoir un jour! Surtout qu’ils se reproduisent, et que j’ai bon espoir qu’un jour le lit en soit rempli.
Alors la stellaire, je devrai l’arracher de là (je l’ai fait depuis, ça a fait beaucoup de foin par terre, ouf!). Mais elle pousse ailleurs, alors on pourra quand même profiter de sa beauté.

Bruant à gorge blanche (bis)

Je continue, comme je vous l’ai dit, d’adorer le chant du bruant à gorge blanche (suivez le lien pour lire mon premier billet à son sujet, avec des liens vers son chant si connu!) (Zonotrichia albicollis, white-throated sparrow). Et je continue, pour lui seul, à dire à voix haute, où que je sois, seule ou pas, avec le ton d’une narratrice de disque de chants d’oiseaux: BRUANT À GORGE BLANCHE. Tellement que, récemment, ma fille a entendu le chant et a déclamé, comme sa mère, BRUANT À GORGE BLANCHE! Elle n’aura six ans qu’à l’automne et j’en suis très fière, dois-je le dire plus clairement?

Cet été, malgré mes fenêtres mouchetées (dans le sens qu’elles sont couvertes de mouches noires écrasées…), j’ai réussi ces photos, et j’en suis assez contente pour justifier ce billet moins instructif mais mieux illustré que le précédent!
Ah qu’il me regardait! D’ailleurs c’est le thème de mes photos d’oiseaux depuis le début du printemps, que ce soit ou pas le fruit du hasard.

Et puis il a glissé de son perchoir incliné (une structure de tambour où sont installées nos mangeoires):

Et il est allé manger, au sol comme d’habitude. Avec les écureuils et les visiteurs ailés, il tombe bien assez de graines de tournesol par terre pour lui (et d’autres!).

Viorne boule de neige

La viorne boule de neige (ou viorne obier, Viburnum opulus, Eastern snowball) est sur mon terrain depuis avant notre arrivée. Et elle va bien. Chaque année, sans savoir ce qu’elle est, nous l’admirons. Bon, en le disant comme ça on passe pour des imbéciles, mais quand un arbuste va bien, pousse et fleurit sans entretien, moi je lui fiche la paix. Et surtout, je suis bien assez occupée avec ce que je veux déplacer, ajouter, transplanter, acclimater, semer, désherber…! Mais là il y a quelques semaines, je me suis trouvée assez nounoune pour me poser enfin la question et y répondre: c’est une viorne boule de neige, pardi. Et je me le répète pour ne plus l’oublier. Car près du jardin d’eau, parmi les lupins multicolores et le rhododendron rose vif, elle a fière allure pendant quelques semaines, ma viorne!
Ses feuilles rappellent celles de l’érable et ses boules de fleurs, vous l’aurez deviné, j’espère, des boules de neige. Encore mieux: quand les fleurs tombent, le sol se couvre de pétales qui rappellent encore la neige! Ça fait très joli sur les nyphéas du jardin d’eau! À maturité l’arbuste peut atteindre de deux à quatre mètres de haut. Ici, depuis 2009, je dirais qu’il est passé d’à peine plus d’un mètre à plus du double. Et s’il était bien dressé, il s’est en partie un peu affalé quand nous avons eu, en pleine floraison, un orage vraiment violent.
Attention à ses jolies baies à l’automne, car elles sont

Oeillet à delta

Voici un petit oeillet rose fluorescent, l’oeillet à delta (œillet couché ou œillet glauque, Dianthus deltoïdes, Maiden pink) que j’admire depuis des années quand je le vois sur mon terrain, sans pour autant (que je me souvienne…) l’avoir identifié avant. Cette année, ça a changé: ma fille l’a vu et a voulu non seulement me le montrer, mais aussi l’identifier, et non, pas sur l’ordinateur maman, mais dans nos livres! Mon coeur a fondu et mes fesses se sont assises dans un fauteuil avec des livres. Oui bon pas avant d’avoir cherché sur l’ordi en vain. Pour une recherche de fleur, ici, petite difficulté: chez nous tout se mélange, fleurs sauvages et vivaces soit-disant cultivées, et les orpins côtoient les marguerites, les épervières poussent dans le lit des asperges, et il y a un lupin dans un de mes origans. Bon. Finalement c’est une fleur introduite en Amérique du Nord et qui semble s’y plaire, alors voilà.

Armées d’une fleur coupée, nous avons fouillé dans plusieurs bouquins. Et c’est moi qui ai trouvé, dans un tôme des Vivaces de Larry Hodgson! Dès que j’ai tourné la page des oeillets, je me serais tapée le front avec la main: c’est évident quand on y pense! Mais quand même, je voulais trouver le bon. Et le voici.
Le delta de son nom vient du triangle à la base de ses pétales. J’apprends qu’elle produit des semences (oh! et elle se re-sème, hourra!) et qu’on peut aussi la diviser aux deux ou

Défi de juin: Confiture fraises-rhubarbe à la vanille

Bonne fête nationale (Saint-Jean, entre nous…)!

Hier soir je me suis garrochée pour réaliser mon défi de juin. Qui concernait la confiture. J’ai utilisé un peu ce que j’avais et improvisé à demi, en m’inspirant de différentes recettes: celle du livre Food in jars de l’auteure du défi en premier lieu.

  • 7 tasses (un peu plus) de fraises, coupées
  • 1 1/2 tasse de rhubarbe, en dés
  • 5 tasses de sucre (dont 3 vanillé), divisées (1-4)
  • le jus de 2 citrons


Fraises et rhubarbe coupées ont passé la nuit avec 1 tasse de sucre après avoir macéré à température ambiante pendant une demi-heure. Le lendemain j’ai ajouté ce que j’avais de sucre vanillé et le reste du sucre ainsi que le jus de citron.

Je ne voulais pas utiliser de pectine alors j’ai laissé chauffer ma confiture jusqu’à 220F/104C… enfin presque; je me suis tannée, parce qu’à mon défi s’ajoutait le coucher de deux enfants, et finalement je n’ai pas atteint 104, à peine 100, mais en mijotant longtemps, et le test de l’assiette froide au congélateur me confirmait que ma confiture avait bien pris (ce matin je le confirme).

Je voulais me mettre au défi alors j’ai suivi ce billet lu récemment d’une de mes blogueues préférées et j’ai essayé le truc du papier ciré posé sur la mousse que produit la confiture de fraises qui cuit, question de l’éliminer facilement (ça fonctionne à merveille, surtout quand on ne sait plus quoi faire du vieux papier ciré inutile qui traîne

Sabot de la vierge

Évidemment, j’aime les mots. Et (donc?) parfois, entre deux noms, c’est le plus compliqué que je vais retenir. Comme ici, ce sabot de la vierge… le cypripède acaule (Cypripedium acaule, lady’s slipper), évidemment!
C’est tranquille, ces jours-ci, sur mes Campagnonades, et je sens que je vais vous offrir une belle série de fleurs et plantes sauvages… qui auront fini de fleurir avant que j’aie fini d’écrire à leur sujet. C’est comme ça, la vie. La vie un peu folle d’une famille sans routine, qui improvise et jongle (pas encore trop avec de vraies balles, par contre), en pleine saison de folie potagère, d’enfants qui courent dans les hautes herbes, de madame qui veut semer des courges rapides au cas où on en aurait besoin de plus d’une soixantaine de plants (ben quoi?)… m’enfin, c’est comme ça. Je vois, j’emmagasine, je photographie… mais le temps manque pour trier les photos et rédiger les billets. Même qu’hier dans un moment de faiblesse j’ai pensé sérieusement mettre une hache virtuelle dans mon site chéri. L’idée m’est vite passée, mais quand même, c’est signe que je tire de la patte, et pas seulement à cause de mes foutues varicosités (pas bien visibles mais foutument douloureuses). Rien de grave nulle part, mais le temps, il va où le temps?
Alors, ces cypripèdes acaules? Quand je ne les connaissais pas encore, ces orchidacées sauvages, on me les avait décrites comme ressemblant à (ça ne s’invente pas) une bourse d’homme. L’image et les mots

Lierre terrestre

De petites fleurs mauves à travers la pelouse (et ici autour du jardin d’eau), fort hâtives? Du lierre terrestre! (Glechoma hederacea, Ground ivy)
Il survit à la tonte, pour qui chercherait un couvre-sol florissant, aromatique et parfait pour les pollinisatrices. Et je suis pas mal certaine que c’est lui qui tapisse la pelouse de la faculté où j’ai étudié: un mois de mai de jadis, il m’avait beaucoup impressionnée tout autour d’un bâtiment historique où je devais entrer pour la première fois, pour une entrevue. C’est très drôle d’y repenser: c’était en 1994, le Coco n’était pas né, je ne connaissais pas encore son père… je ne connaissais rien aux plantes et j’arrivais partout avec beaucoup d’avance de peur d’être en retard. Pauvre grande ado anxieuse et crispée, va! C’est phénoménal à quel point je suis cette personne-là… en même temps que plus du tout.
Ce n’est pas vraiment un lierre: il appartient plutôt à la famille de la menthe. Et justement, il est comestible (en salade ou cuit) et on peut en tirer une infusion (poivrée, apparemment). Et c’est pour ça qu’on en a ici: il ne s’agit pas d’une plante indigène, mais d’une introduction qui s’est naturalisée. On l’a utilisé dans la bière avant le houblon, et pour le fromage à la place de la présure — du moins wikipedia me le dit.
Comme toute menthe, il peut apparemment être envahissant. Mettons dans un potager, là – ça serait problématique. Ici, il est loin des potagers,

Non mais j’apprends

Le 16 mai a marqué le 8e anniversaire de notre déménagement à la campagne. Et cette année (je n’ose parler de printemps: il fait encore 10 degrés la nuit! Qu’est-ce qui se passe ici? [merci de ne pas répondre à cette question, c’est beau, j’en sais déjà trop…], je sème et plante mon 9e potager ici (qui s’avère être plusieurs potagers, mais bon, hein, un jour ils seront réunis en un seul, ne nous leurrons pas!). Eh bien! J’ai fini par tirer plusieurs leçons. Je ne vous les présente pas comme des exemples à suivre (en général je n’en suis pas un, non, oh que non…), juste comme des constats que j’ai fini par accepter (parfois malgré moi, en rouspétant pas juste un peu, crrrrroyez-moi…).

J’ai appris… que l’asclépiade décide où elle pousse. Brisez la tige et elle se multipliera pour mieux revenir… Ici, elle est dans un des lits de culture. Rien à faire que l’accepter (ailleurs, on l’adore; au potager je vis avec).

J’ai appris que quand mon amie m’offre des semences et que je lui réponds que «ah oui super j’en ai peu», comme pour du myosotis… je me trompe parfois…

Beaucoup….

J’ai appris que le panais et le salsifis donnent, la deuxième année, de magnifiques plantes! Alors aussi bien ne pas trop s’énerver au moment de la récolte. Les oublis deviendront des semences. Et des fleurs!

J’ai appris que la bourrache se re-sème et que si on lui trouve un bon endroit (comme au